Un appel à la solidarité de la Papouasie occidentale

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A number of people stand with monkey masks. One holds a sign reading "I'm not a monkey"

En août 2019, nous avons accueilli avec enthousiasme un nouveau membre sur notre réseau international– Pasifika, basé en Papouasie occidentale. Fin août l’armée indonésienne a commencé des mesures de répression violente en Papouasie occidentale, ce qui a amené à une réaction non-violente de masse dans toute la région.

La Papouasie occidentale s’est soulevée

Les Papous occidentaux sont actuellement engagés dans une une insurrection non-violente complète dans toute la nation. Ils demandent que toutes les troupes Indonésiennes soient retirées et que l’Internet soit connecté .

Si vous le pouvez, veuillez manifester devant les ambassades et les consuls Indonésiens.

Les deux demandes de base sont : ‘ Re-connectez l’Internet’- les Papous occidentaux essayent d’exposer la situation au monde extérieur- Utilisez le hashtag #KeepItOn en promotion sur SAFENET.

En second lieu, comme le gouvernement indonésien a envoyé des renforts de soldats et de policiers en Papouasie occidentale,ils demandent que toutes les troupes de combat et toute la police, soient retirées.

Merci beaucoup de soutenir la Papouasie ocidentale. Et veuillez partager ce qui se passe sur les médias sociaux.

Pour nos amis en Corée du Sud, vous pouvez aussi réclamer que votre gouvernement arrête de vendre des équiments militaires à l’Indonésie.-des transporteurs de troupes et des canons à eau, soit-disant vendus par l’entreprise sud-coréenne Daeji P&I, et qui sont utilisés contre les manifestants. Et pour nos amis des Etats-Unis, du Royaume-Uni, d’Allemagne , du Canada , de Nouvelle-Zélande et d’Australie, vos gouvernements aident aussi à entraîner la police Indonésienne au Centre Commun pour la Coopération dans l’Application de la Loi (JCLEC)

A long-terme, une solution politique devra être trouvée.

Ce conflit ne disparaîtra pas avant que le problème de l’auto-détermination politique ne soit résolu de manière libre, équitable et respectueuse, soit par des négociations politiques et/ ou par un référendum.

Les leaders Papous occidentaux veulent aussi que le gouvernement Indonésien relâche immédiatement tous les prisonniers politiques qui ont été arrêtés pour avoir soutenu l’auto-détermination.

Ils demandent instamment que la communauté internationale prête plus d’attention à ce qui se passe et que le gouvernement indonésien autorise une visite du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme.

Contexte

Depuis le 21 août, des dizaines, et probablement des centaines, de milliers de Papous occidentaux sont descendus dans la rue, pour demander la fin de l’occupation de la Papouasie occidentale par le gouvernement Indonésien.

L’événement qui a déclenché le dernier soulèvement en date était les attaques de la police et de l’armée Indonésiennes et d’une populace raciste, contre les étudiants Papous occidentaux à Surabaya, Malang et Semarang sur l’ île de Java.

A Surabaya, des étudiants ont été appelés ‘ des singes’, ‘des chiens’ et des ‘porcs’, y compris par la police et le personnel militaire. La populace, qui venait d’organisations de la soit-disant société ‘civile’ , a jeté des pierres et a menacé ‘ de ‘virer les étudiants’ et de ‘ les massacrer’. La police , qui était entrainée par l’ Australie et les Etats-Unis , a pris d’assaut le dortoir en tenue anti-émeute, et a arrêté 43 étudiants, et, ce faisant, a blessé un grand nombre des étudiants .

La raison de ces attaques? A Malang et à Semarang, c’était parce que les étudiants avaient manifesté pour demander la liberté. A Surabaya c’était parce qu’ un drapeau Indonésien avait soit-disant été jeté dans le caniveau.

Les insultes racistes, une indignation pour tous les Papous occidentaux, et quelque chose que nous voyons et éprouvons régulièrement, ont enflammé une tempête de feu. A Jayapura, des milliers de personnes ont bloqué la capitale de la Papouasie ocidentale. Le gouverneur de la Papouasie occidentale, Lukas Enembe, en a versé des larmes de frustration.Tandis qu’il parlait à la foule en colère rassemblée devant le palais du Gouverneur , il a déploré que, même après avoir indépendants de l’Indonésie pendant plus de 74 ans, les Papous occidentaux sont traités comme des citoyens de seconde classe et que l’état se comporte encore comme un pouvoir colonisateur.

Dans presque toutes les villes et toutes les régions de la Papouasie occidentale, les gens sont descendus dans la rue. Manokwari a commencé. Il y a aussi eu des actions à Timika, Byak/Biak, Serui, Sarmi, Mamberamo, Nabire, Raja Ampat, Merauke, Yahukimo, Wamena, Deyai, Paniai et à Pegunungan Bintang Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées et ont hissé le drapeau interdit de l’Etoile du Matin. Dans ces endroits les Papous se sont comportés d’une manière disciplinée et digne, fermement attachés à la non-violence.

La plupart de ces événements n’ont pas été rapportés dans les médias principaux. Même dans des endroits comme Manokwari, Sorong et Fak-Fak, où des émeutes ont éclaté, les Papous n’ont attaqué personne et il n’y a pas eu de représailles contre les Indonésiens. Partout les Papous montrent l’Etoile du Matin qui est interdite. Dans des actes de dangereux défi, ce drapeau a été hissé sur des mâts devant les bureaux du gouvernement en Papouasie occidentale et même devant le Palais Présidentiel à Jakarta. A Sorong, en un acte incroyable de non-coopération, le drapeau Rouge et Blanc, le drapeau Indonésien, a été descendu par des fonctionnaires et rendus aux Indonésiens.

Le refrain, entendu dans la rue et diffusé électroniquement, à maintes reprises, est ‘ l’Indonésie nous traite comme des animaux, ça serait mieux si nous étions simplement libres’: Les étudiants Papous occidentaux, avec les militants solidaires Indonésiens du FRI- Papouasie occidentale - (Front Rakyat Indonesia untuk West Papua) ont manifesté dans l’ensemble de l’archipel. En Papouasie-Nouvelle-Guinée, au Timor-oriental, et partout dans le Pacifique, des gens expriment leur solidarité, et déclarent clairement que, lorsque les Papous occidentaux sont appelés des singes par l’état, c’est aussi tous les insulaires du Pacifique qu’ils appellent des singes.

Au lieu de poursuivre en justice les organisateurs de la populace et de la police qui ont fait ce raid sur le dortoir étudiant à Surabaya, le gouvernement Indonésien a envoyé des troupes en Papouasie occidentale et a étranglé l’Internet.

Les services essentiels, y compris les administrations locales et les hôpitaux, ont été affectés par le blocage de l’Internet par le gouvernement. Les docteurs n’ont pas pu avoir accès aux dossiers des patients, des documents de recherche, ni de commander des médicaments.Ce n’était pas seulement un problème de liberté d’expression ; le gouvernement Indonésien prouve qu’il ne tient pas compte des droits essentiels des Papous occidentaux à la vie et à la sécurité.

Des milliers de troupes de combat Indonésiennes sont arrivées par air et par mer. Des dizaines de Papous, y compris des mères de famille, ont aussi été blessés par la police et l’armée Indonésiennes quand l’insurrection civile s’est répandue. Beaucoup de nos amis, des militants bien-connus ainsi que des gens de la rue pour la première fois, sont entrés dans la clandestinité.

Le 28 août, l’armée et la police Indonésiennes ont nargué les manifestants qui s’étaient rassemblés devant les bureaux de l’administration locale. Là encore ils ont insulté les Papous qu’ils ont appelés ‘des singes’. Et puis comme les gens se mettaient en colère, les forces de sécurité ont ouvert le feu et ont tué six personnes.Un soldat Indonésien a aussi été tué par une flèche. La police et l’armée ont nié être responsables de cette attaque ,ils ont encerclé l’hôpital à Deiyei , dans les collines plus éloignées, et ont empêché quiconque de rendre visite aux blessés ou de voir les corps de ceux qui avaient été tués.

Le jour suivant, le jeudi 29 août, les Papous occidentaux ont parcouru 50 km à pied, de Sentani à Jayapura. Alors que nous écrivons ceci, l’un de nous est terré dans un lieu sûr avec une bonne WiFi indépendante. Dehors Jayapura est en flammes. Un bâtiment du parlement est en flammes. Les milices indonésiennes sont dans la rue et les Papous occidentaux occupent encore le quartier du centre ville. . Comme des leaders Papous occidentaux et le Gouverneur de Papouasie à Jakarta sont en train de négocier avec le Président, ce qui va se passer en Papouasie occidentale, à plus de 3000 km à la pointe orientale de l’archipel éloigné de l’Indonésie, n’est pas clair .

Pendant de temps, à Nduga, les opérations militaires qui ont commencé en décembre l’an dernier, continuent. Les réfugiés continuent d’arriver dans les villes ou se cachent dans les forêts tandis que les villages des montagnes éloignées se vident.

Pasifika

le 29 août 2019, à Jayapura et Brisbane

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