Page principal du IRG > Publications > Le fusil brisé >Le fusil brisé no.43, juillet 1999

Le 9 juin dernier, le Général de l'OTAN, Michael Jackson et des représentants de la République Fédérale de Yougoslavie et de la République de Serbie signaient l'Agrément Technique Militaire mettant fin à la campagne de 78 jours de bombardements sur le pays. Le jour suivant, la Résolution 1244 du Conseil de Sécurité apportait à celui-ci l'aval et le soutien des Nations-Unies. Les médias du monde entier ont présenté ces documents comme les pierres angulaires du processus de « paix ». Il aurait été plus approprié de parler de « l'illettrisme pacifiste » de leurs signataires.
Les attaques aériennes étaient qualifiées de dernier ressort pour résoudre la crise au Kosov@. Il était nécessaire de « faire quelque chose » afin de garantir les droits de l'homme pour les Albanais du Kosov@. Pourtant, les gouvernements membres de l'OTAN ont systématiquement ignoré toutes les précédentes opportunités pour soutenir une solution pacifique face au conflit. Ils restèrent absents, silencieux et passifs quant le Parlement du Kosov@ était cerné par les tanks serbes en mars 1989, ou quand des milliers de travailleurs albanais furent licenciés et remplacés par des serbes en 1989. Il en fut de même lorsque les mouvements non-violents, la société civile albanaise et la résistance non-violente de la LDK d'Ibrahim Rugova augmentaient leur pouvoir et leur influence (mise en place d'un système d'éducation parrallèle comprenant plus de 20 000 professeurs et quelques 352 000 élèves). Pareil quand la société civile serbe et les ONG étaient puissantes et cherchaient une solution pacifique aux conflits dans la région (700 000 personnes en grève en 1991, d'importantes manifestations de novembre 1996 à février 1997). Finalement, le Kosov@ fut encore oublié en 1995, à la fin de la guerre en Bosnie. Les accords de Dayton ne laissèrent aucune place à ce conflit malgré une guerre de six ans.
Le peu d'intérêt de la part des gouvernements membres de l'OTAN pour une solution pacifique au conflit kosovar était visible même le jour précédant les bombardements. Le 23 mars, la réponse serbe à l'ultimatum de Rambouillet n'était pas un simple et unique refus, mais une résolution de l'Assemblée Nationale Serbe demandait à l'OSCE et aux Nations-Unies de faciliter la résolution pacifique et diplomatique du conflit au Kosov@. Ce que l'Assemblée Serbe rejeta était la demande d'occupation militaire par l'OTAN de la Serbie, comme tout le monde aurait pu le prévoir. Et l'OTAN décida de ne pas explorer les nouvelles possibilités ouvertes par l'assemblée serbe, mais de commencer le bombardement de la Yougoslavie, dont les conséquences seraient « entièrement prévisibles », comme le soulignait le général en chef Wesley Clark.
Les conséquences de cela furent décrites de manière exhaustive pendant ces trois derniers mois. Après le début des bombardements, le nombre de réfugiés et de déplacés passa de 50 000 à 800 000, le nombre de morts et de blessés fut de 2 000 et est estimé à 15 000. Les bombes à l'uranium appauvri, irradiant indistinctement et durablement les populations, ont été utilisées par l'OTAN. Le Kosov@ est détruit, le reste de la Yougoslavie a subi des destructions telles que l'économie est plongée 30 à 50 ans en arrière. Tous les pays voisins ont été sérieusement touchés. Aussi bien la Macédoine que l'Albanie qui sont au bord de la catastrophe, que la Bulgarie ou la Roumanie dont les économies ont été sérieusement affectées par l'effondrement des échanges commerciaux de la région et la destruction de l'infrastructure yougoslave.
La campagne aérienne de l'OTAN ont laissé la voie libre aux atrocités des extrémistes de toutes les communautés. Et les nations de l'OTAN excuse leurs propres atrocités en diabolisant les serbes et leur leader, un homme qu'elles ont elles-même soutenu depuis 1989. Les puissances occidentales transforment Slobodan Milosevic en un nouvel Hitler, et lui ont ironiquement octroyé un pouvoir rénové. Il est impossible de ne pas se rappeler le résultat obtenu avec Saddam Hussein, le dernier « Hitler du moment », dont le peuple iraquien doit encore enduré le pouvoir renforcé. Alors que l'accusation contre Milosevic pourrait ou non le délégitimer, les actions de l'OTAN ont certainement et seulement servi à légitimer son rôle de chef et à renforcer son emprise.
La diabolisation de l'ennemi est essentielle pour faire la guerre. Et le régime yougoslave reprend les procédés de l'OTAN, comme des reflets dans un miroir, il parlera sans arrêt des « assassins fascistes de l'OTAN ».
Mais la violence et la stigmatisation de « l'autre » laissent davantage de place à la revanche et aux futurs conflits, elles préviennent de la paix. Dans cet environnement, il devient même plus possible d'exprimer des opinions contre la guerre ou de suggérer de nouvelles voies pacifiques pour dépasser le conflit d'origine. Après la guerre, les mouvements progressistes en Serbie et au Kosov@ ont été marginalisé et discrédité. Les médias indépendants et les membres influents des partis d'opposition en Serbie furent systématiquement menacés et réduits au silence. Au Kosov@, les militants politiques qui ont mené les stratégies de résistance passive se sont retrouvés extrêmement marginalisés.
La résolution du Conseil de Sécurité n'a rien à voir avec l'amélioration de la situation au Kosov@. Il n'y a rien dans cette résolution qui concerne les droits de l'homme ou une réelle construction de la paix. Il n'y a pas même un mot à propos de la société civile ou de la coexistence. Il n'y a aucun signe suggérant l'inquiétude des signataires quant à une paix problématique pour les gens de la région. Ce qui se passe aujourd'hui est seulement un cessez-le-feu qu'on présente comme étant la paix.
Le Kosov@ est une preuve de plus: la guerre est toujours un problème, et jamais une solution. Ou dans les termes gandhiens, que « les moyens contiennent les fins ».
Plus le cercle vicieux de la violence prend de la vitesse plus il devient difficile de l'arrêter. Les tentatives de paix dans la région devinrent vaines tandis que l'option guerrière prenait toute sa puissance. Répondre à la violence par la violence a dévasté la région, a bâillonné les initiatives de la société et a accru le pouvoir des politiciens nationalistes les plus rétrogrades. Il y a quelques mois, il y avait encore des possibilités de règlement non-violent du conflit. Aujourd'hui, il est difficile de penser que serbes et albanais pourront encore vivre ensemble au Kosov@. Comme il a été dit, ce processus a utilisé « trop de muscle, pas assez d'intelligence et pas de coeur. Il devait être humainement possible de trouver un équilibre légèrement meilleur des trois, et seulement un tel équilibre aurait pu être appeler la paix » (Jan Oberg, TFF Pressinfo #69).
Et nous, résistants à la guerre, de la région et du monde, allons-nous nous efforcer d'imaginer et de rendre réel quelque chose qu'on pourrait légitimement appeler paix, plutôt que ce cessez-le-feu de guerriers? Quelles sont les questions que nous devons nous poser à propos de cela comme à propos de tant d'autres conflits que nos communautés génèrent ou endurent? Quels rôles avons-nous joué, aurions-nous du avoir joué, devons continuer à jouer, tant que la paix restera un mythe? Quels furent les défis? En d'autres mots, qu'avons-nous appris, fait? Que signifie être résistant-e à la guerre? Les Redacteurs, 24.06.99.
Texte ecrit avant les accords de "paix"...
Du 22 au 24 mai 1999, le Comité Exécutif de l'Internationale des Résistants à la Guerre (IRG) tenait une réunion à Londres afin de statuer sur la guerre au Kosovo et en République Fédérable de Yougoslavie.
Ceux d'entre-nous qui étaient citoyens de pays membres de l'OTAN se penchèrent sur la situation dans nos propres pays - par exemple des problèmes de certains groupes anti-guerre face aux organisations pacifistes qui soutiennent les bombardements de l'OTAN, ou de ces groupes qui répètent la propagande serbe et refusent de condamner le nettoyage ethnique serbe. De notre point de vue, le premier responsable de cette situation est Slobodan Milosevic.
Comment cette guerre pourra finir demeure flou. En fait, nous reconnaissons que le danger de la dernière d'une série de guerres est justement qu'elle ne soit pas la dernière de la série: il y a de forts risques de guerre en Albanie, en Macédoine ou au Monténégro.
La direction exécutive du WRI prépare un appel à la désertion qui devrait être paraphé par des personnalités des pays membres de l'OTAN et de République Fédérale de Yougoslavie.
Concomitamment aux activités des groupes de l'IRG opposés à la fois à l'épuration ethnique serbe et aux bombardements de l'OTAN, nous notons que les réfugiés, incluant les déserteurs et les résistants à la conscription, ont un besoin particulier de soutiens.
Les réfugiés sont plus que des victimes: ce sont des gens dont les droits et la capacité à déterminer leur propre futur doivent être respectés. Nous déplorons l'attitude de certains gouvernements « hôtes » qui restreignent l'accueil des réfugiés ou certaines associations d'aides aux réfugiés qui ne soutiennent que certains groupes ou leurs compatriotes dans ce pays.
Les résistants à la conscription et les déserteurs devraient être reconnus comme des personnes interrompant la chaîne des violences, bénéficier de l'asile et d'aides à la formation afin de construire la paix à leur retour dans leurs foyers. Le bureau de l'IRG continuera à distribuer de l'information sur la législation en vigueur pour les déserteurs cherchant asile et demande aux groupes affiliés de lui adresser toute information concernant cet aspect. Nous réaffirmons notre solidarité avec les groupes protégeant légalement ou illégalement les déserteurs.
Nous avons étudié des rapports de visites exploratoires en Macédoine rapportant, à la fois, les mauvaises conditions dans les camps de réfugiés et la pression qu'ils exercent sur la société macédonienne.
Les pays membres de l'OTAN ont trouvé la volonté de dépenser autant dans les bombardements, c'est un scandale qu'ils ne contribuent pas davantage à assurer de meilleures conditions de vie aux personnes déplacées ou à soutenir les communautés qui hébergent ces réfugiés en Macédoine ou en Albanie. Les groupes locaux ont un rôle vital à jouer dans l'aide aux réfugiés, ainsi nous pouvons encourager un travail de prospective internationale par des volontaires afin de mettre en place ou de rejoindre des projets locaux, tels ceux entrepris en coopération avec les femmes macédoniennes et albanaises (Macédonien et Albanais du Kosovo) en Macédoine.
Même si les gens ont été expulsé de force de leur maison, il est encore possible d'entreprendre quelques travaux, de commencer à reconstruire la société civile. Particulièrement en Macédoine, certains groupes, issus de la société civile, d'Albanais du Kosovo se sont reformés - en dépit des difficultés dues à la situation, tel que les problèmes d'enregistrement des réfugiés du fait des autorités macédoines. La société civile serbe a aussi souffert des répercussions de la guerre, de la censure, d'intimidation et même d'assassinat par des escadrons de la mort.
Nous prenons en considération le rapport préliminaire du Balkan Peace Team en visite exploratoire à Budapest et Macédoine, et espérons que ce projet rassemblera ses travaux dans le but de soutenir la société civile
Nous remarquons que de moins en moins d'Albanais du Kosovo sont prêts au dialogue avec les Serbes, il y a cependant des exceptions, notamment quelques individus exceptionnels parmi lesquels des membres du groupe de Nansen. Cette réalité n'est pas prête d'évoluer rapidement tant que davantage de Serbes ne reconnaîtront pas la culpabilité de la Serbie dans ce qui vient de se passer. En même temps, l'ancrage d'initiatives pour le dialogue sera essentielle pour établir la moindre perspective de coéxistence pacifique entre Serbes et Albanais du Kosovo. Nous pensons que le dialogue au sein du contexte sud-est européen dans sa globalité pourrait être plus prometteur qu'une simple et unique confrontation Serbe-Albanais.
L'IRG considère que la guerre est en elle-même un crime contre l'humanité. Il est cependant nécessaire d'enquêter sur les actions ou les politiques entreprises et qui contreviennent au code de la guerre, notamment en identifiant les responsabilités de Slobodan Milosevic et de ses collaborateurs.
La délégitimation de Milosevic est un objectif essentiel des groupes de la société civile et des institutions internationales, et nous continuerons à diffuser et à faire connaître les travaux de citoyens ou de groupes qui, à l'intérieur de la Serbie, s'éloignent du régime.
Les bombardements de l'OTAN sont dans la tradition d'autres campagnes qui, voulant briser la volonté d'un régime, se sont employées à bombarder la population civile. En poursuivant l'option guerrière, l'OTAN a outre passé les autres institutions internationales- les Nations-Unies, l'OSCE et Le tribunal International pour les crimes de guerre de la Haye. Parrallèlement à la multiplication des bombardements la sélection des cibles devient de moins en moins précise- visant maintenant l'infrastructure économique entière. De telles politiques confirment que l'OTAN ne peut se poser en dépositaire de la loi internationale et en garant de la sécurité et des droits de l'homme.
L'IRG entend continuer à jouer un rôle actif en diffusant l'information fournie par les membres affiliés de la région, tel que Les Femmes en Noir, en essayant de donner des analyses en continu sur le développement de la situation et en aidant les antimilitaristes à contribuer du dehors à la paix.
En plus du numéro de Mai-Aout de Peace News, nous recommandons la lecture du rapport exploratoire du Balkan Peace Team en visite en Hongrie et Macédoine, ainsi qu'un document de 25 pages sur le Kosovo: After the War, écrit par Howard Clark pour le groupe de travail du Kosovo (Tous disponibles sur le site de l'IRG).
Comité executif de l'IRG, le 24 mai 1999.
A. « Refusant de porter les armes »
Le deuxième et dernier rapport
« Refusant de porter les armes », projet du CONCODOC dressant un panorama sur l'objection de conscience et la conscription a été publié en Septembre 1998. Chaque affilié a le droit à un exemplaire gratuit, les copies supplémentaires pour usage interne seront facturées 13 livres/21$ l'exemplaire. Ceux qui n'ont pas encore bénéficié de l'offre sont priés de contacter Lucia au bureau londonien.
Pour la vente aux autres organisations, le prix complet est de 50 livres/80$ (librairies, institutions...) ou de 25 livres/40$ pour les militants de l'objection de conscience et les groupes de paix. Les ventes sont les seules entrées financières pour ce projet, aussi faites-en une bonne promotion - bon de commande ci-joint.
Ce rapport a fait l'objet d'excellentes critiques et est très utile aux objecteurs et déserteurs cherchant l'asile à l'étranger.(Voir plus bas)
L'équipe et le comité exécutif de l'IRG cherche à garantir la permanence financière et organisationnelle de ce travail aussi vite que possible afin:
- que le rapport ne soit pas périmé.
- en y ajoutant d'autres champs et secteurs utiles à tous les cas d'asile.
- en le rendant disponible via internet.
Le bureau de Londres sollicite les participations et manifestations d'intérêt dans les domaines des droits de l'homme/ lois sur les réfugiés, ceci pourrait donner lieu à un partenariat pour construire un projet de fond documentaire à long terme. Le bureau espère qu'une réunion sur ce point se tiendra d'ici le conseil 1999.
B. Mouvements d'Objection de Conscience.
A l'intérieur du réseau de l'IRG, il y a aussi une demande d'information quant à la nature et aux activités des mouvements d'objection de conscience, une recherche des expériences des groupes défiant ou cherchant à faire évoluer la loi. De telles préoccupations pourraient être développées et faire l'objet d'un second projet CONCODOC, un complément à « Refusant de porter les armes » qui apporterait des interprétations politiques des faits étudiés dans le premier rapport sur cette question. Un atelier CONCODOC sera donc monté au Conseil 99 où les propositions seront étudiées et les idées discutées. Le projet, basé sur le travail des volontaires, débouchera sur une recherche de fonds afin de faire aboutir celui-ci.
Pameel Crowther, Shamle Begum et Samina Dita, étudiantes en droit offrent depuis le bureau de Londres un service d'information aux objecteurs et déserteurs demandeurs d'asile. Encadrées par l'équipe de l'IRG, elles disposent de tous les moyens du bureau, utilisent le rapport « Refusant de porter les armes » et travaillent en collaboration des auteurs, Bart et Marc. Quelques membres affiliés de l'IRG - MOC Lyon (France), KEM-MOC Bilbao (Pays Basque) et ARK Zagreb (Croatie) ont envoyé des informations et sont engagés dans un soutien actif aux déserteurs des conflits d'Algérie et du Kosov@. Beaucoup d'agences ont demandé conseil et assistance à l'IRG dans ce domaine, qui reste à développer, à promouvoir et à financer. Prière d'adresser rapports et articles à Peace News qui prévoit un numéro sur ce sujet en Décembre 99, ainsi qu'au Fusil Brisé qui devrait s'en faire l'écho aussi.
Patchwork (Allemagne) sont en train d'organiser une diffusion de 80 000 suppléments des Prisonniers pour la Paix et de la liste d'honneur de l'IRG ainsi qu'un appel à soutien pour soutenir ce travail régulier. Vous pouvez contacter la volontaire Ippy au bureau londonien pour lui communiquer les noms des prisonniers (toute condamnation en 1999): a) précisez si c'est un Prisonnier pour la Paix. b) signalez la personne-contact sur ce dossier dans vos groupes.
Conférence en Inde, année 2000
Veuillez noter le changement de date de cette conférence.
Le nouveau rendez-vous est inscrit du 29 Décembre 2000 au 6 Janvier 2001. Le comité d'organisation de cette conférence
s'est réuni 2 fois à Londres et doit se réunir une fois encore les 5 et 6 Aout 1999, juste avant le Conseil de l'IRG. Ce comité devrait fournir un article pour le prochain Fusil Brisé.
Kosov@
Ce numéro du Fusil Brisé est censé montrer des exemples de réactions et de réponses du réseau de l'IRG depuis que les bombardements de l'OTAN ont frappé le Kosov@. Au bureau londonien, des volontaires ont participé à la redistribution de l'information arrivant de toute part des groupes anti-guerre, ont envoyé des rapports à la presse comme au public, ont épaulé des conférenciers lors de meetings ou de manifestations. D'autre part, Howard Clark a écrit un rapport de 26 pages « La construction de la paix après la guerre » que vous pouvez commander au bureau ou charger depuis notre site internet. L'IRG prépare des documents et des moyens en vue d'un prochain forum Un dialogue pour l'Europe du Sud-Est. Plus d'informations dans les prochains numéros.
Indonésie
Le comité exécutif de l'IRG lors de sa réunion londonienne en Mai a approuvé à l'unanimité la demande de soutien exprimée par la Fédération International pour l'Est-Timor. Les fonds proviendront du Joint Emergency Contingency Fund (qui rassemble l'argent des objecteurs-trices à l'impôt) et financeront les observateurs des élections en Indonésie.
Puerto Rico
Publication associée à l'IFOR. Roberta Bacic a écrit un chapitre portant sur l'IRG dont elle fera la présentation à Puerto Rico du 26 au 30 Aout.
Peace News
Stephen Hancock et Chris Booth cessent leur activité en Aout. Le Conseil 1999 consacrera un atelier Peace News afin de réfléchir aux prochains numéros du journal et de l'implication de l'IRG. Les nouveaux éditeurs devront être présents et prendre le relais. L'équipe éditoriale invite à la participation internationale.
Pour plus de détails contacter le bureau.
Groupe de travail des femmes
réunion en Allemagne, le 7 Aout 1999 juste avant le Conseil de l'IRG.
Turquie/Kurdistan (prochain numéro).
Afrique (prochain numéro).
Indonésie/Est-Timor
(voir point 5.).
Les participants aux ateliers de l'IRG sont invités à envoyer leurs rapports au bureau de l'IRG pour le prochain numéro.
Un rapport spécial est inclu dans ce bulletin.RFY: Femmes en noir et 21 autres associations non gouvernementales
Chers amis,
Nous vous écrivons en ces moments difficiles où , nous partageons la souffrance. Des convois d'Albanais et d'autres citoyens, parmi lesquels nombre d'entre vous, ont été chassés de leurs maisons.
Les meurtres et les expulsions, les maisons détruites et brûlées, les ponts, les routes et les industries détruites peignent un triste et sombre portrait du Kosovo, de la Serbie et du Monténégro, comme pour dire que la vie ensemble n'est plus possible.
Malgré tout, nous pensons que cela est possible et nécessaire.
Le meilleur avenir des citoyens du Kosovo, de la Serbie et du Monténégro, celui des Serbes comme celui des Albanais, celui des citoyens d'un seul Etat comme celui de proches voisins, n'arrivera pas tout seul, par miracle.
Mais il s'agit de quelque chose que nous pouvons et que nous devons construire ensemble, comme nous l'avons fait nombre de fois dans le passé, comme nous l'avons encore fait il n'y a pas si longtemps. Nous savons que cela sera maintenant très difficile et parfois très douloureux. L'exemple de la réconciliation d'après-guerre des Allemands et des Français peut servir de modèle, de stimulation.
Au nom d'une future vie ensemble, la douleur du crime doit être dite pour que, avec le pardon, on puisse s'en souvenir. Cette tragédie, la vôtre et la nôtre, personnelle comme collective, est le résultat d'une longue série de politiques erronées des forces les plus extrémistes, parmi nous et parmi la communauté internationale. La poursuite de telles politiques conduira les Serbes comme les Albanais droit vers l'abîme. Aussi, la voie de la culpabilité collective est un chemin de frustration, de continuation de la haine et de la vengeance sans fin. C'est pourquoi cette voie doit être abandonnée.
Notre premier pas pour nous éloigner de la haine, du conflit ethnique et des représailles sanglantes est l'expression publique de notre profonde compassion et de notre sincère condamnation de tout ce que vous et vos concitoyens ont enduré. En tant que citoyens de la Serbie, nous souffrons aujourd'hui des destructions et des pertes humaines résultant des bombardements de l'OTAN, du conflit armé du Kosovo et des dommages économiques et des effondrements sociaux à long terme causés par d'omnipotentes politiques mortifères.
L'épuration ethnique, le bombardement de l'OTAN et le conflit armé doivent cesser parce qu'ils ne contribuent pas à une solution dans la crise du Kosovo mais, au contraire, rendent celle-ci encore plus profonde. Il ne doit plus y avoir de victimes. Tous les réfugiés devraient pouvoir retourner en toute sécurité chez eux et vivre décemment comme des gens fiers et libres.
Nous sommes convaincus qu'ensemble, nous trouverons la force et le courage d'avancer sur la voie de la paix, de la démocratie, du respect des droits de l'homme, de la réconciliation et du respect mutuels.
Le dialogue, les négociations politiques et le processus de paix n'ont pas d'alternative.
Pour nous tous, c'est la seule issue pour sortir du conflit armé. C'est la voie la plus sûre pour assurer le retour des réfugiés chez eux, pour retrouver une vie et des activités normales et pour trouver une solution quant au statut du Kosovo.
Pour que cela puisse arriver, nous devons joindre nos efforts pour que la guerre stoppe, pour redonner vie au processus de paix et pour reconstruire économiquement et démocratiquement le développement du Kosovo, de la Serbie et de la région entière des Balkans. Nous sommes convaincus qu'en rassemblant nos forces nous pouvons contribuer à atteindre une juste et rationnelle solution politique quant au statut du Kosovo ainsi qu'à construire la confiance et la coopération entre Serbes et Albanais. Belgrade, le 30 Avril 1999.
Association des Citoyens pour la Démocratie, la Justice Sociale et le Soutien aux Syndicats, Branche unifiée des Syndicats NEZAVISNOST, Mouvement Européen en Serbie, Initiatives Civiques, Forum pour les relations ethniques, Centre pour la Transition vers la Démocratie-ToD, Centre pour la Démocratie et les Elections Libres, Distrikt 0230 (Kikinda), Comité Helsinki pour les droits de l'homme en Serbie, Femmes en noir, Centre Belgradois des Droits de l'homme, Union des Etudiants de Serbie, VIN-Weekly Video News, Groupe 484, Comité Yougoslave des Juristes pour les droits de l'homme, Fondation pour la Paix et la Gestion des Conflits, Urban Inn (Novi Pazar), Cercle de Belgrade, Union pour la vérité et la Résistance antifasciste, Groupe de Paix de Sombor (Sombor), Société pour la Paix et la Tolérance (Backa Palanka) et Réseau Académique d'Education
Aldrig Mere Krig (AMK) a décoré de « La Rose de Paix » les Femmes en Noir de Belgrade afin de les soutenir en ces moments difficiles. Le site internet d'AMK contient de très nombreux documents danois sur les guerres en Yougoslavie ainsi que des liens vers des sites en relation avec ce thème. AMK s'est aussi investi dans les protestations contre la guerre à Copenhague, à Aarhus et dans d'autres villes. Le groupe danois a, par ailleurs, obtenu une bonne couverture médiatique. Visitez le site d'AMK (nombreux documents en anglais sur le commerce des armes, les mines et leurs producteurs, la non violence...) http://www.fred.dk.
Holger Terp, 28 Avril 1999
Union Pacifiste a consacré les numéros de mai et juin de sa publication au conflit au Kosov@ et offre de surcroît de bonnes informations.
Le RIRe a aidé à la diffusion du texte « Solidarité active avec toutes les victimes de la purification ethnique et de la guerre » élaboré par l'Association pour la Promotion des Objections de Conscience (APOC). Le RIRe a aussi publié un numéro spécial sur le Kosov@ (RIRe n0 27- Mai/Juin 1999). La Rédaction, Mai-Juin 1999.
Forum voor Vredesaktie (section flamande l'IRG) et Mother Earth ont organisé les funérailles de la Démocratie à la base nucléaire de l'OTAN de Kleine Brogel. Cette action était prévue de longue date pour protester contre la place du nucléaire dans le nouveau concept stratégique de l'OTAN. Il y a environ 10 bombardiers américains B 61 sur la base de Kleine Brogel. L'organisation d'un pique-nique familial et d'un tour à vélo autour des 18 kilomètres de grillages de la base a été contrecarrée par l'interdiction des manifestations en Belgique depuis le début de la guerre en RFY (exemples à Bruxelles, Antwerp et Kleine Brogel). Lors de l'action qui coïncidait avec le sommet de l'OTAN à Washington, 51 militants non-violents ont été arrêtés, avec parmi eux quelques membres du Parlement.
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Fellowship of Reconciliation (FOR) a publié de nombreux communiqués et rapports sur l'engagement américain dans le conflit du Kosov@. Site internet http://www.nonviolence.org/for
Le Centre Autonome des Femmes Contre la Violence Sexuelle, basé à Belgrade, a mis en place une équipe de femmes-conseils qui téléphonait ou maintenait le contact avec les femmes et les militants à Pristina et au Kosov@, les premières semaines des bombardements de l'OTAN, afin de les aider à combattre la peur.
L'équipe rapporta que « Les femmes de nationalité serbe avaient peur des bombardements tandis que les femmes albanaises avaient pour leur part une frayeur plus grande encore de l'armée et de la police serbe. »
« En situation de guerre, les femmes sont moins mobiles et ne quittent pas souvent leur maison; elles ressentent leur logis comme seul endroit de sécurité. » ajouta l'équipe du CAFCVS. Lors des 25 premiers jours, certaines des conseillères donnèrent plus de 230 appels vers Belgrade et d'autres villes de Vojvodine, Sandzak, du Monténégro et du Kosov@. « Dans le corps, les rêves, le comportement, les pensées, la peur se développe. Les femmes pouvaient s'exprimer pleinement sans souci des frais que le Centre prenait en charge. » Depuis sa création en 1993, le Centre croit en des politiques anti-guerre et anti-militaristes, en la pluri-nationalité ainsi qu'en la solidarité avec les femmes de l'autre côté de la ligne de front. Le début de l'action téléphonique commença le 24 mars, quand l'état de guerre fut déclaré et « la peur, seule compagne venant avec le soir ». Le Centre a monté 4 ateliers intitulés « Comment nous sentons-nous? » dans le but d'échanger les expériences et d'entretenir les choses positives, de « ne pas nous sentir seules dans la peur ».
Le 31 Mai, plus de 100 personnes, habillées de noir, ont participé à une action pour la paix organisée par Les Femmes en Noir contre la base de la RAF/USAF de Fairford à Gloucestershire.
La manifestation a débuté par l'installation d'un camp de la Paix sur un terrain exterieur à l'entrepôt de munitions le soir du 28 mai. Cette action a pris par surprise le Ministère de la Défense. Malgré les harcèlements policiers ou des personnels de l'USAF, les femmes ont maintenu leur pression jusqu'au mardi 1er Juin. Les femmes sur place ont pu constater l'incessant et meurtrier va et vient des avions B 52 et B 1 de l'US Air Force et les mouvements militaires dans et hors de la base. Lundi par exemple, 9 bombardiers B 52 et 6 B 1 décolèrent. A partir du samedi, alors que le nombre de militantes augmentaient les transports de munitions traversant la route furent interrompus. Lundi, ces transports furent stoppés par les Femmes en Noir qui tendirent une banderole devant le premier camion du convoi, s'assirent devant les grilles de la base et montèrent sur le toit du camion. Le camion fit marche arrière, rentra dans la base et les grilles restèrent fermées le reste de la journée. La foule des protestataires grossit encore tandis que les grillages du camp militaire et du dépôt de munitions s'ornaient de slogans et de nombreux chiffons noirs. Des pancartes des villes et des endroits bombardés en République Fédérale de Yougoslavie comme des lieux de massacres et de violences policières et militaires serbes au Kosovo étaient accrochées sur les défenses du camp.
Une déambulation, ponctuée des lectures des messages des femmes de la région, des témoignages des réfugiés kosovars et des déclarations des Femmes en Noir de Belgrade fut ensuite organisée. Cette cérémonie s'accompagna de la lecture des noms d'écoles, d'hopitaux, de collèges, des villes et des villages bombardés par l'OTAN. Une jeune femme et une femme agée lirent leurs propres écrits sur la guerre.
Chacun ensuite se dispersa et manifesta à sa manière. Bruits cacophoniques, blocage définitif de la porte d'arrivée des munitions, confrontations croissantes avec la machine de guerre, précédèrent l'arrestation de 8 militantes (3 d'entre-elles étaient entrées dans la zone de sécurité des B 52. Pour plus d'information et soutien, contactez Giulia Gigliotti au (44) 0170.550.159 Email GIULIA@gigliotti.freeserve.co.uk
Nous sommes un réseau souple disposant d'environ 300 contacts. Ces dernières années, nous avons monté des piquets, le plus souvent à Trafalgar Square, contre la Guerre du Golfe, l'agression ethnique en Bosnie, les sanctions contre l'Irak et les violences au Kosov@ et en Yougoslavie. Nous espérons créer aussi notre site internet. Notre attitude par rapport à la guerre en Yougoslavie est coordonnée avec le groupe des Femmes de Belgrade avec qui nous maintenons le contact via email. « Notre problème est que nous ne pouvons plus dire un mot. Tous les droits de l'Homme sont suspendus. Seulement les appels anti-OTAN peuvent être publiés. Aussi les Femmes en Noir de Belgrade ont décidé de ne faire aucun appel puisque nous ne pouvons pas déclarer notre opposition à Milosevic. » nous déclaraient-elles. Ainsi, ici, nous avons organisé des protestations critiquant les deux parties prenantes de la guerre.
Yolanda, membre d'un groupe espagnol des Femmes en Noir, est en train de mettre en place une liaison bilingue régulière (espagnol-anglais) internationale via emails des Femmes en Noir du monde. Cela sera basé sur un réseau d'adresses électroniques par pays et individuelles dans les différents pays. Si vous voulez connaître votre référente pour votre pays, rejoindre le réseau ou devenir référente, contactez Yolanda roal@nodo50.org
(...) signale de petites suppressions.
Information à propos de l'ambiance ici
L'information est ici controlée par le commandement militaire, l'Etat-major: il y a une euphorie intense suite à la destruction de cet avion très sophistiqué, le F 117. Tout le monde dans les médias, dans la rue, dans les abris (...) salue cela. Nous pouvons nommer cela "homogénisation / unité patriotique / mentalité de victimisation / uniformité"...etc. Les slogans, les chants ou les ordres que nous pouvons entendre tout le temps tournent autour de ceci: " les forces de l'ennemi /de l'agresseur / du criminel peuvent causer des pertes humaines et des dommages matériels, mais ne peuvent détruire l'esprit / le moral de notre peuple qui aime par dessus tout, la liberté." Ceci peut être entendu deux à trois fois par jour sur Radio Belgrade-Channel II. Ceci est accompagné de poésie épique sur La Bataille du Kosovo (1398), d'hymnes au "Kosovo, terre sacrée", de chansons chantées par les partisans yougoslaves lors de la Deuxième Guerre Mondiale, ajoutant aux vieux mots de nouveaux couplets...Tout cela dans le but d'exacerber la fibre nationaliste, le patriotisme et évitant des mots ou des termes qui véhiculent des valeurs comme le calme ou la sensibilité.
Le concert d'aujourd'hui à la Place de la République
Ce concert était organisé par la mairie de Belgrade et principalement par le SPO (Le Mouvement du Renouveau Serbe de Vuk Draskovic). Nous n'avons pas essayé d'être présentes à cet événement d'une telle confusion, cependant les slogans sont plus qu'éloquents: " Belgrade veut se battre et gagner - Mieux vaut la guerre que des accords - l'Armée a ses propres raisons de combattre, nous combattons en chantant - Tous pour un, aucun ne nous vaincra - Ils ne pourront nous toucher - Pas un pas en arrière, jamais nous n'abandonnerons - Nous sacrifierons nos vies mais nous ne perdrons jamais le Kosovo - Si nous devons mourir, nous mourrons tous ensemble. Aucun mot sur l'engagement, sur la souffrance des gens en général, sans considérations d'appartenance ethnique; seulement quelques chanteurs qui demandent une minute de silence pour "nos victimes / nos pertes". Des chants patriotiques et d'autres chansons, des chants religieux, des drapeaux américains brûlés, des cris "Serbie, Serbie!" C'est étonnant de voir tant de gens dans la rue, mais tous plus que tristes d'entendre ce qu'ils sont en train de dire, d'entendre ces messages. On dit que ce genre de manifestation sera organisé chaque jour. Nous avons l'impression que c'est une manipulation. Au même moment un groupe de "roms" (Gitans) a manifesté sa loyauté envers l'Etat face à l'ambassade américaine et d'autres gens criaient "Nous donnons nos vies, mais jamais le Kosovo!", "Kosovo est la Serbie!" en exprimant de forts reproches et ressentiments à l'égard des Albanais du Kosovo. La logique des opprimés a été clairement adoptée même par les plus forts, c'est écoeurant.
A la télévision, c'est la cinquième fois qu'ils montrent ces jours-ci le film "La Bataille du Kosovo". Les programmes télévisés sont presque exclusivement de cet acabit.
Conversation avec nos amis au Kosovo-Pristina. J'ai essayé de les contacter plusieurs heures durant et j'ai finalement réussi. J'ai été chanceuse. J'ai entendu des descriptions horribles dont je vais essayer de vous faire part.
"Personne n'ose franchir la porte de sa maison. Hier, j'ai ouvert la porte cinq minutes et j'ai senti une peur terrible. Aucun de ceux qui veulent vivre n'ose sortir. Il n'y a presque plus de communication dans la ville, les téléphones sont presque tous hors d'usage. Il y a encore un peu de nourriture et je me demande: jusqu'à quand?"
"Tout près de ma maison, il y a eu une explosion. Du verre brisé partout. J'essaie de réparer ce que je peux. Je ne peux pas dormir. Une partie de ma famille est partie ailleurs. Je suis ici, je garde notre maison."
Prenant soin de son père, qui a une maladie du coeur (Elle est étudiante en médecine)." Je m'occupe de lui et je répare les vitres. Il me demande: Que disent les gens? Que pensent-ils qu'il arrivera? Je ne peux dire un mot. Ou alors, seulement des témoignages mutuels de consolation."
" Je sombre une fois de plus, comme des centaines de fois déjà dans ces guerres, dans cette hiérarchie guerrière: ce n'est rien ce que nous vivons ici comparé à ce que vous devez endurer là-bas."
"Des groupes d'hommes marchent dans les rues, des gens qui ont été libéré de prison, des groupes paramilitaires, qui sait...Ils pénètrent dans les maisons, poussent les gens dehors, kidnappent, massacrent...Il n'y a presque plus de nourriture: nous avons encore 50 kilos de farine (Famille nombreuse) . Puis, un homme dit avec résignation: "Ca m'est égal si ils viennent. Je ne peux rien faire."
Je note ce que disait quelqu'un ces jours-ci: "Dans le ciel, l'OTAN; sur le sol, Milosevic".
Que puis-je dire maintenant quand des gens comme vous et moi participent au concert d'aujourd'hui? (Comme ces deux chanteurs, Rambo et Bajaga qui, ces années passées parlèrent toujours de paix; l'un d'eux, Rambo, participait même au concert "Pour Sarajevo", que nous avions organisé en avril 1992).
Encore des témoignages de Pristina: "Nous manquons de tranquillisants, je n'ai plus de médicaments pour mon coeur. Que va-t-il m'arriver? Elle, qui m'a toujours remonter le moral, encourager et fait espérer, maintenant sa voix est brisée, elle me remercie seulement d'avoir appelé, à deux doigts de s'effondrer en larmes.
" C'est une zone sinistrée. Aucune aide, nulle part. Les criminels peuvent faire ce qu'ils veulent maintenant, ça leur est permis." (...)
"Maintenant, je vois que ce type d'expériences est impossible à transmettre. J'ai vu tant de gens déplacés, de réfugiés, ici. J'ai toujours pensé que je les comprenais, je vois maintenant comme ils sont loin. Pourquoi ne suis-je pas partie? Pourquoi ai-je attendu jusqu'au dernier moment? Où puis-je aller maintenant? Je sais que je ne peux aller nulle part, mais j'ai fait un sac. J'ai un peu de nourriture, je ne peux rien avaler C'est peut-être la dernière nuit à la maison..."
Demandant des nouvelles de tout le monde à Belgrade, elle, qui a dépassé les barrières ethniques, dit aussi ceci:
"A l'intérieur des immeubles, à l'intérieur des maisons individuelles, les voisins, Serbes et Albanais, parlent; ils sont d'accord: Si la police vient, nous nous défendrons (disent les Serbes qui restent) et si l'UCK vient nous nous défendrons ( disent les Albanais). La peur et la terreur les a rassemblé. "
Je ne peux exprimer ce que j'ai ressenti mais je sais que pour moi, pour nous, cela a une grande valeur. Nous sommes un si petit groupe. Encore l'alarme. Nous restons sur Radio "Free Europe". A Pristina, il n'y a plus d'électricité depuis la nuit dernière.
Vrnjacka banja et Central Kraljevoparte Les gens redoutent d'être mobilisés. Nombreux sont les gens déjà conscrits. Des cercueils de réservistes morts au Kosovo commencent à arriver.
Sandzak ( Sud-Ouest de la Serbie, inhabité par les musulmans) Les gens s'en vont, tous veulent partir. Ceux d'entre-nous qui restent, sont nerveux, terrifiés. La police a réquisitionné tous les camions et autres larges véhicules privés, mais les gens sont plus effrayés par les paramilitaires. A Radio Free Europe, ils ont juste dit que le nombre de personnes assassinées et exécutées au Kosovo, par la police et les militaires mais aussi par les paramilitaires, s'élève à Pristina à 200, mais les chiffres sont réellement inconnus, le nombre des réfugiés ne cessent d'augmenter, un demi million maintenant. Monténégro L'atmosphère politique est complètement différente: vous pouvez constater cela en lisant les journaux (j'ai eu la chance d'en lire un aujourd'hui), leur contenu est totalement différent (comme on le sait, le Monténégro n'a pas déclaré l'état de guerre). Cependant , il y a un nombre conséquent de signes annonciateurs de l'imminence d'un conflit interne. Aujourd'hui, des militants du parti radical de Serbie ont organisé des actions contre "Les Occidentaux" à Podgorica, qui ont touché profondément la population. Aujourd'hui, 3 000 réfugiés du Kosovo sont arrivés au Monténégro. Dragan Soc, ministre de la Justice du Monténégro, a rejeté les appels obligeant aux mobilisations et il a ajouté, "chaque personne doit décider quoi faire en fonction de sa propre conscience".
Les choses vont de pire en pire, la phase II a commencé. Aucun commentaire. Vous avez plus d'informations que nous, mais nous savons que ce complot des militaristes locaux et globaux limite notre espace politique et bientôt il n'y aura plus de champ politique du tout (comment pourrons-nous attaquer la militarisation globale sans pouvoir viser le militarisme local, comment pourrons-nous dénoncer les bombardements sans dénoncer les massacres, la répression, l'horreur vécus par les gens au Kosovo et cette intervention de l'OTAN qui n'a fait qu'aggraver la situation, parce que maintenant, je le répète, nous avons " l'OTAN dans le ciel et Milosevic sur terre".
(...)Votre soutien nous donnera des forces, ce qui est beaucoup pour nous.
Je vous envoie un chaleureux salut d'amitié et de tendresse. Votre soeur.
En dehors du site de l'IRG, vous pouvez trouver de l'information de qualité sur les sites suivants:
Femmes en Noir: Documents en anglais et espagnol. http://wib.matriz.net
Institut d'information sur la Paix et la Guerre: Reportages réguliers sur la situation en Yougoslavie, études de terrain. http://www.ipwr.net
Fondation transnationale de Recherche pour la Paix et le Futur: Rapports excellents et de terrain , point de vue pacifiste. http://www.transnational.org
Z Net: articles sur le conflit et le processus de paix par les libertaires de Z (Chomsky, Cockburn, Fisk...). http://www.zmag.org
Transcend: Intéressantes et imaginatives positions sur le processus de paix. http://www.transcend.org
SOURCES D'INFOS:
Aviva. http://www.aviva.org
Academic Information Network. http://www.aim.ac.yu
Radio B92. http://www.b92.net ou http://helpB92.xs4all.nl
Common Dreams News Center. http://www.commondreams.org/kosovo/kosovo.htm
Fairness and Accuracy in Reporting. http://www.fair.org
Kosov@ Crisis Center. http://www.alb-net.com
Kosov@ Information Center. http://www.kosova.com
Kosov@ Press. http://www.kosovapress.com
ONG et Syndicats Nezavisnost contre la Guerre. http://www.dds.nl/~pressnow/extra/ngoappeal.html
Peace Movement Aotearoa. http://www.peace.org.nz
Nous tenons à vous rappeler les deux appels suivants:
WOMEN'S AID pour la Yougoslavie (WAFTY) lance un appel à soutien financier pour renforcer le travail de 3 groupes de femmes travaillant avec les réfugiés en Albanie et en Macédoine. Deux de ces groupes (Le Centre Kosovar pour la Protection des Femmes et des Enfants et Motrat Qiriazi) dépendent d'organisations de femmes kosovars, basée d'abord à Pristina et travaillant maintenant depuis la Macédoine. Le troisième groupe (Medica Kosova-Woman to Woman) est issu d'une coopération Germano-Bosnio-Albanaise et travaille en Albanie. Pour plus d'information, pour recevoir les détails relatifs à l'aide, les prospectus et affiches ou la copie d'un récent rapport de mission de WAFTY contactez:
WAFTY (Women Aid to Former Yougoslavia) 20 Tennyson Road, Portswood Southampton SO17 2GW, GB/Britain. Tel. (44)170.355.1094. (4434 fax) - Email: waty@gn.apc.org
BALKAN Sunflowers recrute des volontaires de part le monde. Celles ou ceux-ci peuvent être expérimentés en médecine, techniciens ou non. Il s'agit de mettre la main à la pâte et de s'investir dans l'aide humanitaire. L'objectif est de monter des centres communautaires en travaillant avec les réfugiés , dans les camps our sur les sites concentrant les réfugiés afin de rétablir les liens et services communautaires (assistances médicales, sociales, scolaires, sportifs...et construction d'abris, de sanitaires, réparations...).
Pour information, prendre contact avec:
BALKAN Sunflowers c/o postfach 12 19, D-14 806 Belzig. Tel. (49) 338.4130.670. (30671 fax) - Email: balkansunflower@mir.org http://www.balkansunflowers.org
L'Appel de Décembre 1998 contient les principes révisés, agréés à Carmaux en 1997 ainsi qu'une demande de soutien financier pour la poursuite du travail de l'IRG et le plan stratégique pour les trois prochaines années.
Celui-ci a rassemblé 3 591,39 £ (après déduction des coûts ) provenant essentiellement de donateurs anglais. Les donations continuent à arriver pour l'Appel de Mai 1999 qui contient les positions de l'IRG face à la crise du Kosov@ et les bombardements de l'OTAN, qui appelle au soutien des mouvements anti-guerre quant à ce dossier (3074,80 £).
Le trésorier de l'IRG, Andreas Speck, et le groupe allemand affilié à l'IRG, Patchwork coordonnent la levée de fonds pour le séminaire de l'IRG « La métamorphose du militaire » et pour le Conseil 99 de l'IRG.
Prière de les contacter à patchwork@oln.comlink.apc.org pour offrir votre soutien financier.
Le groupe de recherche de fonds recherche désespérément des volontaires. L'IRG a besoin d'un large investissement des membres de l'Internationale afin de rassembler les capitaux nécessaires au bon développement des activités. Andreas et Lucia Brandi (IRG staff) tiendront un atelier sur ce thème primordial au Conseil 99.
L'IRG dispose de 2 nouveaux T-Shirts à commander au bureau de Londres (10 £ / 16$ chacun ou 75 £ / 120$ pour 10 exemplaires). Le bureau de Londres devrait éditer un catalogue des marchandises de l'IRG pour Décembre 1999. Veuillez contacter le bureau pour y inclure les produits que vous vendez et diffusez.
L'IRG recherche un volontaire à long terme disposant d'un bon niveau en informatique pour travailler dans le secteur de la communication vers les membres de l'IRG, pour participer aux objectifs de l'IRG. Aucun paiement ne peut être offert, seul le trajet est remboursé et une aide à la recherche d'un logement pas cher pourra être fournie.
Le bureau de l'IRG recherche le matériel suivant: ordinateur portable, imprimante portable, fax de haute résolution, scanner, appareil photo.
Les minutes de la réunion de Mai 99 sont disponibles. Les prochaines réunions sont:-14 Aout 1999 en Allemagne, puis Conseil de l'IRG, réunion suivante du Conseil au bureau de Londres du 29 octobre au 31 octobre 1999. Howard Clark se retire du Comité Exécutif au Conseil d'aout 99.
« (...) Les peuples d'Europe sont profondément divisés face à cette désastreuse guerre locale, et l'opposition est croissante quant à l'éventualité d'un imprudent et périlleux élargissement du conflit. C'est une crise européenne et il serait nettement préférable que les gouvernements européens, qui devront vivre avec les conséquences de la guerre, prennent en charge de la résoudre. Si les Etats-Unis plutôt que la Russie avaient été écarté des négociations,les chances d'une issue pacifique auraient été bien plus grandes. L'engagement américain satisfait sûrement les rapaces de Washington mais les aventures d'outre-mer, avec des risques illimités d'implications croissantes, sont sans aucun intérêt pour la plus grande masse des citoyens américains. Cela sert à distraire l'opinion publique américaine de problèmes alarmants comme l'accroissement de la population carcérale, et promet l'érosion des surplus budgétaires rendant possible la brutale politique de Clinton quant au problème de la sécurité sociale et de retraites. Aucun pays ne devrait s'arroger le droit d'être le gendarme du monde et les Etats-Unis, plus particulièrement, du fait de son système politique qui est très vulnérable aux intérêts spéciaux des lobbys.(...) »
23 Mai 1999.
Robin Blackburn est chercheur au King's College de Cambridge.
"Une démocratie avec un cerveau militaire, c'est comme un art écervelé. Dans le monde du crépuscule politique, où l'art pard sa place en même temps que les hommes, on impose la guerre comme une catastrophe naturelle " car il n'y a pas d'autre solution ".
A force de protéger ses propres minorités ou celles des autres, le monde se désagrège en minorités. La logique identitaire mène toujours au nettoyage ethnique de l'Etat-territoire. Pour le nettoyeur ethnique, mais aussi pour l'indépendantiste.
Nous autres, Yougoslaves et ex-Yougoslaves, nous avons reconnu les mécanismes de folie de notre côté. Nous invitons tous les autres à reconnaître les leurs.
Cela commence où tout, sauf le commencement, meurt. Notre position est celle de l'impossible."
Extrait du manifeste politique de FRON'T, Art activisme contre la violence, initiative des artistes (ex)yougoslaves, rejoints par des artistes belges, des étudiants de l'art et du non-art, des philosophes.
Source: Association NE PAS PLIER- mai 1999.
(...) On peut se demander dans quelle mesure ces diverses considérations s'appliquent au cas du Kosovo. Déjà, l'année passée, ce territoire a connu une catastrophe humanitaire imputable, pour l'essentiel, aux forces militaires yougoslaves. La majorité des victimes ont été des Kosovars d'origine albanaise: deux mille morts et des centaines de milliers de réfugiés, selon les estimations les plus courantes. Dans un tel cas, les pays tiers ont le choix entre trois attitudes: essayer d'aggraver la situation (solution 1); ne rien faire (solution 2); tenter de limiter la catastrophe (solution 3). Ces choix peuvent être illustrés par d'autres situations du moment. (...) Commençons par la Colombie où, d'après le département d'Etat, le nombre annuel d'assassinats politiques perpétrés par les forces gouvernementales et leurs alliés paramilitaires est à peu près équivalent à celui du Kosovo, et où le total des réfugiés fuyant leurs atrocités dépasse largement le million. La Colombie est le pays de l'hémisphère occidental qui a reçu des USA le plus d'armes et de conseillers militaires, au fur et à mesure qu'augmentait la violence au cours des années 90. Cette assistance est en hausse, au prétexte d'une « lutte contre la drogue », à laquelle ne croit pratiquement aucun observateur sérieux.(...) Dans ce cas, les Etats-Unis optèrent pour la solution 1: aggraver les atrocités.
La Turquie, maintenant. En ne reprenant que les estimations les plus modérées, la répression contre les Kurdes entre dans la même catégorie que celle qui s'abat sur le Kosovo. Elle a atteint son sommet au début des années 90. Un indice en est donné par l'exode de plus d'un million de Kurdes des zones rurales vers leur capitale officieuse, Diyarbakir, entre 1990 et 1994, afin d'échapper aux exactions de l'armée turque. L'année 1994 restera marquée par deux records: ce fut l' « année de la pire répression dans les provinces kurdes » de Turquie, selon le témoignage du journaliste Jonathan Randal, et celle où Ankara est devenu le « principal importateur de matériel militaire américain, et donc le premier acheteur d'armes au monde ». (...) Nous sommes devant un autre exemple de choix de la solution 1 (aggraver les atrocités) par Washington. On rappellera que la Colombie et la Turquie justifient leurs atrocités- soutenue par les Etats-Unis -par la nécessité de défendre leur pays contre la menace des guérillas terroristes. Exactement l'argument du gouvernement yougoslave. (...).
Texte paru en version intégrale dans le numéro de mai 1999 du Monde Diplomatique. Les textes de Noam Chomsky se trouvent sur le site http://www.zmag.org
Edition de cette numéro: Le RIRe (France) et MOC (État espagnol)