Page principal du IRG > Publications >Le fusil brisé > Le fusil brisé no.42, mars 1999
Porec, Croatie
19/24 Septembre 1998
Co-organisée par ARK, Groupe anti-guerre de Croatie.
La 22ème conférence triennale de l'Internationale des Résistant(e)s à la Guerre (IRG) a été un événement fort, rassemblant de nombreux amis venus du monde entier. 309 participants de 40 pays - Afrique du Sud, Allemagne, Argentine, Australie, Autriche, Belgique, Bosnie-Herzégovine, Canada, Chili, Colombie, Congo, Croatie, Danemark, Etat Espagnol, Etats-Unis, Finlande, France, Grande-Bretagne, Guatemala, Hongrie, Inde, Indonésie, Irlande du Nord, Israël, Italie, Kosovo, Luxembourg, Macédoine, Norvège, Pays-Bas, Paraguay, Russie, Slovénie, Suède, Suisse, Tchad, Tchétchénie, Turquie, Ukraine, et la République Fédérale de Yougoslavie - étaient représentés.
Comme Marko Strpic l'a écrit dans un article du groupe anti-guerre de Croatie (ARK), "Finalement le plus important pour moi était peut être de rencontrer des gens. Nous avons établis de vrais bons contacts" Beaucoup partagent sûrement ce point de vue. Il est toujours bon d'apprendre qu'il y a des gens qui essaient de faire quelque chose dans des endroits plus ou moins sereins de part le monde.
C'était très important pour ARK, qui co-organisait la conférence, car cela donnait un nouveau souffle à son engagement pour la non-violence. La Triennale a aussi aidé au redémarrage du travail de promotion de l'objection de conscience. De plus, l'effort pour organiser cette réunion internationale a permis au groupe ARK de Zagreb de se développer et d'accroître ses capacités, lui permettant de faire encore plus à l'avenir. Les activités liées à la Triennale ont mis en avant le travail du Centre pour les Initiatives Civiques de Porec tout en les aidant à promouvoir la défense des droits humains et la liberté des femmes.
La Triennale a rendu visible le travail pour la paix. Pendant la Conférence, il y a eu deux reportages à la télévision locale et nationale- et la rencontre fut bien couverte par la presse. Des entretiens avec Greg Payton et Vesna Terselic furent publiés une fois la Conférence terminée.
Qui peut dire quels sont les germes d'espoir contenus dans les mots de Greg Payton, vétéran américain du Vietnam, lorsqu'il s'adressa, durant la Conférence, aux vétérans de Pula, en Croatie ? Les gens de la région ont également assisté au débat sur la tolérance civile, animé par Vesna Terselic, Rob Fairmichael, d'Irlande du Nord, et Gajo Sekulic, de Bosnie-Herzégovine, tous participants au forum international.
Cela a constitué un pas important vers l'articulation des politiques de paix pour les pacifistes des différents pays de l'ex-Yougoslavie. Et c'était important pour l'IRG de renforcer notre réseau international et d'y insuffler une nouvelle vitalité. La Réunion de fonctionnement interne a adopté le plan stratégique de l'IRG, qui est aujourd'hui en cours d'application. Les graines semées à la Triennale commencent à se multiplier à travers le monde.
Nous espérons que ce compte-rendu vous inspirera, vous encouragera. C'est le témoignage de notre rencontre à partir de laquelle nous pouvons à la fois partager et apprendre.
Paix,
Vesna Terselic
Joanne Sheehan
Serdar Tekin de l'Association des Résistant(e)s à la Guerre (SKD) d'Izmir décrit comment Osman Murat Ulke et lui-même s'assirent autour d'une table au début des années 90 pour définir une stratégie de résistance au militarisme en Turquie. "On pensait être les seuls dans le pays. Nous sommes très isolés du fait d'une société qui est très militariste et très autoritaire."
Le premier contact avec l'IRG remonte à 1992. De nombreux contacts internationaux avec des mouvements d'objecteurs suivirent, y compris avec la Grèce (l'ennemi national de la Turquie).
Les antimilitaristes d'Izmir, d'Istanbul et d'autres villes du pays furent rapidement l'objet de persécutions et d'arrestations. Quand Ossi défia de manière officielle les lois militaires en brûlant publiquement son ordre d'appel au service militaire, un long cycle de procès, de remises en liberté et de nouvelles arrestations débuta. La solidarité internationale était un facteur majeur du soutien moral pour Ossi comme pour les antimilitaristes turcs. "Pendant tout ce temps nous n'avons pas été seuls. Nous sentions que nous faisions réellement partie d'un réseau international de solidarité."
Yeni Damayanti a décrit comment, en Indonésie, une culture de contestation dépassa les cercles des seuls étudiants à la fin des années des années 80 et au début des années 90. "Nous avons essayé de rompre la culture de la peur et de donner à la population plus d'information. Ainsi nous avons commencé à organiser des manifestations ouvertes à tous. Souvent nous avons pris fait et cause pour des problèmes de propriété terrienne car beaucoup de fermiers ont été expulsés de leur terre à cause de projets de développement tels que des parcours de golf ou l'implantation d'usines chimiques."
"Nous menions nos manifestations au grand jour mais faisions particulièrement attention à leur déroulement. Nous avions mis en place une échelle du danger pour les différents endroits. La manifestation qui m'a conduite en prison en décembre 94 était due à une mauvaise appréciation du danger. Nous étions devant le Parlement et demandions que Suharto soit jugé, que les militaires arrêtent de s'attaquer aux civils et aussi que les structures extra-judiciaires de l'armée soient dissoutes. Alors les militaires sont arrivés."
Yeni a été emprisonnée pour un an. "En Indonésie, si vous êtes un militant, vous acceptez le fait d'avoir déjà un pied en prison." Elle a vécu en exil pendant 3 ans après sa remise en liberté et retourna au pays peu de temps après la chute de Suharto.
Xhelal Svecla, étudiant en dentaire à la Commission de la santé de l'UPSUP à Prishtinë (Kosovo), décrivit comment il devint militant après "avoir essayé de mener une vie ordinaire...fermant mes yeux et pensant que quelqu'un d'autre se débrouillerait avec la situation."
"Mais les choses atteignirent un tel point qu'il n'était même plus possible d'éteindre la télévision et d'arrêter tout ça. Je rejoignis donc un groupe d'étudiants après m'être aperçu qu'il me fallait faire quelque chose par moi-même pour aider mon peuple, pour aider d'une manière ou d'une autre à résoudre la crise qui me touchait et touchait tout le monde jour après jour. Maintenant que la guerre continue, je pense qu'il n'y a plus beaucoup de marge de manoeuvre ni de moyens avec lesquels travailler pour notre lutte non-violente. Beaucoup de gens me demandent pourquoi la lutte non-violente ne marche pas, je ne le sais pas moi-même."
"J'espère qu'un jour viendra où chacun de par le monde n'éteindra pas sa télévision quand le Kosovo y sera montré mais, au contraire, joindra sa voix pour demander l'arrêt du carnage et le début du dialogue entre les deux nations, entre le régime serbe qui est le plus condamnable et l'autre partie, l'Albanie, pour stopper une fois pour toute ce génocide au Kosovo."
Diane Rizek/Shaloufi est née dans une famille palestinienne de Nazareth. "En 1948, Israël devint une réalité. Beaucoup de Palestiniens s'exilèrent ou furent expulsés lors de la guerre de 1948. Une police d'apartheid fut mise sur place. Les fermiers perdirent leurs terres. Nos livres d'histoire furent écrits de manière à encourager la haine de mon peuple."
"Lors de mes études, je commençais à militer. La haine intérieure grandissait en moi, il fallait que je fasse quelque chose car je n'aime pas haïr. Quand je me suis mariée, nous sommes partis vivre à Neve Shalom/Wahat al Salaam pou réécrire l'histoire de la cohabitation fraternelle des peuples dans ce pays."
"Nous avons beaucoup de problèmes dû au mélange des communautés. Mais nous essayons d'enseigner à nos enfants - ainsi qu'aux enfants des villages environnants- qu'ils doivent regarder l'autre comme l'égal de soi-même."
"Maintenant nous sommes reconnus en tant qu'école expérimentale. Beaucoup de gens viennent, visitent, prennent part à nos ateliers et à nos stages. Nous avons aussi des enseignants qui viennent apprendre comment nous travaillons et comment nous avons fait tout cela, aussi pour d'autres pays - comme la Grèce et la Croatie - afin d'étudier comment agir avec d'autres cultures et des langues différentes, comment composer avec toutes ces données."
(d'après les notes de Howard Clark, Ellen Elster et Judith Pasternak)
Une invitée, militante des droits de l'homme au Kosovo, a été gravement blessée quelques jours avant la Conférence, par l'explosion d'une mine lors du passage de son véhicule.
Greg Payton, militant pacifiste Afro-Américain, a parlé de son expérience en tant que conscrit, puis comme vétéran et enfin comme animateur anti-guerre. "Dans les jours qui viennent, je parlerais aux gens de Bosnie et de Croatie qui sont traumatisés par la guerre, comme moi-même je l'ai été. J'espère qu'en parlant de ma propre expérience cela pourra aider à résoudre les tensions internes qui font souffrir de nombreuses personnes. Parler de la guerre est une manière d'en sortir."
"En huit semaines d'entraînement, de personne j'étais transformé en une machine à tuer. C'était un processus de déshumanisation..." Plus tard en 1967, il était envoyé au Vietnam.
"Le racisme était très visible. Les Noirs faisaient la sale besogne, surtout les conscrits noirs. Cela devait être un système de rotation des tâches, mais ce ne l'a jamais été. Au bout de quelques temps je compris que la façon dont les Vietnamiens étaient traités était la même que celle infligée aux noirs. J'étais déboussolé. Je m'élevais contre ces pratiques dans les casernes. Alors je fus agressé. Les soldats Américains blancs m'ont davantage tiré dessus que les Nord-Vietnamiens."
"J'ai commencé à fumer de l'opium au Vietnam. Quand je suis rentré, j'ai pris de l'héroïne. Cela m'éloignait de la réalité, me faisait oublier ce que je vivais. Au même moment, j'essayais de mener une vie de famille tranquille."
"C'était comme si j'avais deux visages. Brutalement, tout s'effondra, ma famille, mon travail, ma dignité. J'en vint à vouloir me suicider. Puis ce jour-là, j'entendis une voix au fond de moi."
"J'ai été transporté à l'hôpital des vétérans. Là, je suis entré en contact avec le groupe des Vétérans du Vietnam contre la Guerre. Une fois en meilleur forme, j'ai commencé à parler avec d'autres vétérans."
"Nous souffrions de désordres psychologiques et de traumatismes. Nous connaissions les mêmes problèmes. Cela nous rassembla."
(D'après les notes de Ellen Elster.)
Une série de pistes fut proposée aux participants. Parmi celles-ci figurent: Quel est le potentiel de la résolution des conflits pour neutraliser les déséquilibres entre les différentes parties? Quelle est la limite dans la capacité de la résolution des conflits à intégrer la notion de justice et une perspective adéquate des droits humains? La résolution des conflits est-elle plus à même de résoudre les conflits entre les personnes que les conflits entre les nations? Le regard porté sur les failles de la résolution des conflits permettra aux militants pacifistes de mieux la gérer mais aussi de rendre celle-ci plus pertinente.
La discussion n'avait pas pour objectif d'apporter des conclusions mais les points suivants se dégagent:
"En effet, cette 'journée hommes, femmes et pacifisme' n'était pas une journée des femmes. Il s'agissait de regarder le monde de façon explicite à travers les perpectives masculines et féminines. Bien entendu nous aurions pu choisir des perpectives différentes, comme celles de la langue; de la race, de la religion, de l'identité. On peut regarder le monde à travers de multiples prismes. Mais cette fois, après de nombreuses années de travail parfoit en marge des principales préocupations de l'IRG, nous avons choisi celui de la féminité et masculinité".
"Une journée comme les autres" fut l'un des commentaires sur cette journée, sans doute l'un de ceux qui marquaient la frustration. Bien que cette journée était importante pour l'IRG et qu'elle ait démontré que les participants débattaient volontiers de cette question, il est néanmoins apparu que ce sont encore les femmes qui sont les plus conscientes de leur sexe et de l'importance d'une perspective qui tienne compte des masculinités et des féminités.
Organiser une journée spéciale pour l'expression des masculinités et des féminités a posé quelques problèmes: "on ne peut conclure sur une telle question en une minute, il faut avoir confiance les uns dans les autres" disait l'une des participantes. Comme de nombreuses personnes ne se connaissaient pas, il a été difficile de dépasser les clichés et d'atteindre une compréhension plus profonde de cette question complexe. Et la même personne remarquait : "les hommes n'étaient pas assez sûrs d'eux pour faire des remarques personnelles et certains se sentaient même menacés par le thème". D'autres ont quitté la journée, et lors de la plénière du soir, une femme a fait un commentaire important qui explique peut-être les difficultés de la journée. Elle a dit que cette journée représentait sans doute pour la plupart des femmes la première fois qu'elles abordaient ce thème dans des groupes mixtes tandis que pour les hommes c'était la première fois qu'ils y étaient confrontés en groupe.
Quelques uns des commentaires soulignent les difficultés encourues: "Les hommes performent, les femmes se conforment" ou "je n'obéis qu'à ma conscience", ce qui, comme quelqu'un l'a dit, "est assez difficile à dire pour les femmes en raison de la pression à se conformer". Le problème réside-t-il dans le refus des hommes de reconnaître qu'eux aussi se conforment et que leur 'performance' fait partie intégrante de ce conformisme?
Les bénéfices de l'utilisation de cette technique étaient mitigés. "Peut-être y avait-il le sentiment que la présence des rapporteuses et rapporteurs affectait la spontanéité de la discussion et ainsi nombreux sont ceux qui n'ont pas apprécié leur présence". Cependant, "d'un autre côté leur présence a peut-être permis à d'autres personnes de s'exprimer sur le sujet de la féminité et masculinité".
Les rapporteurs ont fait part de nombreuses observations, "mais l'énergie positive de cette journée n'a pas vraiment été rendue lors de la plénière", en effet, certains rapporteurs se sont plaint de l'organisation de la journée et du peu de temps qu'il leur était octroyé pour préparer leur présentation.
Est-ce que la journée était réussie? Commentaires de deux rapporteurs/euses: "Quand même, à la fin de la journée, j'ai eu ce sentiment d'un pas accompli, vers une compréhension réelle et honnête au sein d'un groupe mixte". "J'ai apprécié mon rôle de rapporteur lors de cette journée des masculinités et des féminités et suis content(e) que nous ayons fait des progrès. Maintenant, la question est de transformer cet événement d'une journée en une façon de vivre au sein de l'IRG". Every day is gender day!
(Compte-rendu par Andreas Speck et Majken Sørensen)
Le premier jour, nous avons exploré les liens entre désastre écologique et militarisme. Ce fut l'occasion de noter des questions primordiales, utiles à la discussion.
Le deuxième jour, nous avions deux études de cas: une vidéo et une présentation de la lutte contre le transport des matériaux nucléaires en Allemagne ainsi que l'exposé du GenetiX Snowball, la campagne contre les OGM en Grande-Bretagne.
La troisième journée fut consacrée à deux questions principales: dans quelle mesure est-ce que notre mouvement/groupe et notre organisation tiennent compte des masculinités et féminités? Dans quelle mesure est-ce que ces différences de perspectives sont liées aux militarisme et à la destruction de l'environnement? (Débattu simultanément par un groupe d'hommes et un groupe de femmes)
Lors du jour suivant, les débats se poursuivirent. Les questions et remarques suivantes en donnent un petit aperçu. "Le patriarcat est une cause première du militarisme comme de la destruction de l'environnement"; "Nous n'avons pas le temps de discuter du sexisme dans notre mouvement parce que notre système écologique est au bord de la catastrophe"; "Le délaissement de l'environnement au profit du travail est inévitable"; "Notre système économique est une forme de guerre"; "Les organisations internationales ne peuvent pas être réformées"; et " La désobéissance civile devrait toujours être du dernier ressort". Une étude de cas s'est penchée sur la campagne d'opposition à la construction de fabriques de cellulose au Chili.
En ce dernier jour, nous avons étudié les différences stratégiques de la non-violence entre le Chili et l'Europe de l'Ouest. La journée permit de dresser un panorama des futures luttes et actions de désobéissance civile, d'explorer les moyens de nous soutenir les uns les autres et comment nous pourrions inclure les perspectives écologiques dans le travail de l'IRG.
Certains membres ont pris des engagements personnels et une partie des recommandations du groupe de travail ont été intégrées au plan stratégique de l'IRG.
(Compte-rendu par Melanie Jarman. Une version plus longue est disponible en anglais)
"La neutralité" ou l'impartialité étaient d'importants aspects du débat même si la quasi-totalité des participants pensaient que ces termes ne reflétaient pas toutes les situations et ne qualifiaient pas le travail de ses acteurs. Les domaines de l'économie se sont avérés insuffisamment connus par les militants pacifistes qui s'accordaient pourtant à dire qu'ils devaient être explorés. Il est également paru important de renforcer les groupes locaux plutôt que de supposer qu'il faudrait que nous intervenions nous-mêmes en cas de conflit.
Même dix ou onze heures ne suffisent à cerner un tel sujet et plusieurs questions restèrent en attente. Pourtant se dégagent les points suivants:
Nous avons débuté ces cinq journées de travail par un tour de table, un questionnement de chaque personne, à savoir comment chacun définissait son identité, laquelle des facettes de leurs identités était importante pour eux. En petit groupe, nous avons ensuite posé la question suivante: "Quand quelqu'un te regarde comment crois-tu qu'il t'identifie?" La journée s'est terminée par un petit compte-rendu de chaque participant sur l'identité du groupe et son identité personnelle.
Le deuxième jour a été davantage centré sur identité nationale et conflit. La journée a démarré par des discussions en paires lors desquelles il était demandé aux participants de penser aux moments où ils/elles mettaient l'accent sur leur identité nationale ou la ressentaient comme particulièrement importante.
La journée 'hommes, femmes et pacifisme' a commencé par un tour de table sur la question, "lorsque vous vous êtes réveillé(e) ce matin étiez-vous conscient(e) de votre 'sexe'?". Après un court jeu de rôle et une discussion, les participant(e)s ont demandé à se mettre en petits groupes et à imaginer une situation de conflit dans laquelle leur sexe jouerait un rôle. Curieusement, lorsque les groupes firent le bilan, aucun ne cite d'expérience particulière, tous font des réflexions générales sur le thème principal et particulièrement sur la façcon dont ils/elles avaient ressenti les discussions plus tôt dans la journée.
La journée suivante débuta par la poursuite de la discussion de la journée spéciale qui fut sans doute plus intense et plus constructive que les discussions qui eurent lieu le jour en question. Nous avons également abordé la question intéressante du style "d'identité collective" que ce groupe thématique avait développé. Nous avons ensuite passé un bon moment en petits groupes de discussion -chaque groupe devant débattre d'un commentaire délibérément provocateur sur l'identité, puis devant le rapporter au groupe.
Le dernier jour s'ouvrit sur les commentaires des participants les plus silencieux et qui désiraient s'exprimer. Le groupe s'interrogea sur les moyens à mettre en oeuvre par l'IRG pour continuer ces discussions et dressa l'évaluation suivante.
(Compte-rendu de Maggie Helwig. Une version plus longue est disponible en anglais.)
La session d'ouverture était simple: un tour de table destiné à découvrir le nom, l'organisation et le pays d'origine des participants; nous avons essayé de savoir pourquoi nous avions chacun choisi ce groupe thématique et ce que nous espérions y trouver. Enfin, nous nous sommes fixés comme exercice pour le lendemain un questionnement autour de l'idée: "A cet instant quand je sentais mon/notre pouvoir"
Dès le deuxième jour, nous avons dressé le croquis de notre plan de travail hebdomadaire, comportant une vision micro et macro, allant du fait personnel au fait de société. Après en groupes de quatre, nous avons poursuivi notre exercice lancé la veille, y ajoutant d'autres questions "En quoi consiste réellement cette notion de pouvoir? Quels sont les facteurs permettant de le maintenir? Est-il une réalité ou une illusion?"
Nous avons ensuite examiné les cultures d'obéissance, de solidarité et de résistance (celles-ci pouvant être étudiées sous les angles de race et de classe). Les caractéristiques de la pauvreté furent étudiées lors de cette quatrième journée, le dernier jour étant consacré à un bilan et à la liste des futurs travaux de l'IRG sur le pouvoir populaire.
Plusieurs des discours précédant les séances plénières ont constitué de bonnes contributions à ce thème, tout particulièrement celui de Yeni d'Indonésie qui décrivait comment les opposants ont construit leur mouvement.
(Compte-rendu de Howard Clark. Une version plus longue est disponible en anglais)
La souveraineté territoriale n'est désormais plus la préoccupation majeure de nos gouvernements. La préoccupation majeure aujourd'hui est de préserver des intérêts nationaux et régionaux dans la compétition féroce qui résulte de la globalisation à tous les niveaux. Cela implique des interventions à l'étranger où et quand elles sont nécessaires, celles-ci pouvant être politiques, économiques et pourquoi pas militaires -à la fois dans des buts guerriers ou de maintien de la paix.
Cependant la globalisation implique aussi une pression d'en bas, d'une société civile qui a son mot à dire sur les questions de l'environnement ou de la guerre et sur la situation des Droits humains à l'étranger; ceci a déjà obligé certains Etats et gouvernements à engager des interventions qui ne correspondent pas à leur vision de l'intérêt national.
Nos sociétés ont un certain nombre de valeurs qui s'opposent aux valeurs militaires: la non-discrimination sur la base du sexe, de l'orientation sexuelle, de la religion, de l'origine ethnique, de la race, etc.; la protection de l'environnement, le respect des Droits humains; à la fois collectifs et individuels, la justice sociale, les ventes d'armes, etc. Chaque génération semblant partager de manière plus large ces valeurs, il est donc raisonnable de penser qu'ils trouveront de meilleures opportunités pour l'action à la paix dans le futur.
Les forces armées elles-mêmes tentent de s'adapter à ces nouvelles valeurs. En matière de sexes, d'orientation sexuelle et d'environnement, on note une nouvelle attitude dans certaines forces armées - même si c'est souvent quand on a besoin d'attirer de nouvelles recrues. Cette adaptation est double. Par exemple, dans certains Etats, les soldats peuvent faire part de leurs problèmes à un ombudsman, ce qui a parfois évité l'arbitraire et donné une légitimité accrue des militaires. En même temps, cependant, les forces armées ne peuvent reproduire entièrement les valeurs civiles parce qu'en faisant cela elles cesseraient d'être des forces armées. Une certaine tension existera toujours entre les valeurs militaires traditionnelles et les nouvelles valeurs civiles. Notre potentiel de mobilisation réside dans cette tension ou confrontation.
Les femmes sont maintenant admises dans de nombreuses forces armées incluant les forces spécialisées ou celles de combat, mais le critère d'admission c'est qu'elles se comportent comme des hommes, qu'elles fassent exactement les mêmes choses et correspondent aux mêmes critères. Nous sommes contents d'observer que ce genre d'intégration pose certains problèmes aux institutions militaires, car ceci n'est clairement pas la façon de régler les questions de différence entre les sexes. Notre propos n'est pas de savoir si les militaires offrent une certaine parité ou si les droits individuels à une carrière particulière sont assurés. Nous tentons plutôt d'aller vers une société non-patriarcale dans laquelle les armées n'ont bien entendu aucune place.
Une autre question examinée est celle du conflit entre le social et le militaire concernant les dépenses publiques. L'armée tente généralement de résoudre ce conflit en réinventant son rôle, par exemple en mettant l'accent sur son action lors de catastrophes naturelles ou présentant ses interventions "humanitaires" comme une alternative moins coûteuse que d'accueillir des réfugiés de guerre.
Par délégitimer, nous entendons une diminution de la coopération et de la soumission. Ceci est le critère central à partir duquel nous devrions évaluer n'importe quel choix stratégique. Certains domaines à examiner sont:
Bien qu'il y ait des dangers inhérents à propager une image traditionnelle de la femme qui s'occuperait des faibles, qui construirait des relations et qui communiquerait, il était apparent que les qualités particulières des femmes dans ces domaines devraient être reconnues, valorisées, soutenues et servir au mouvement de paix en général.
Le premier jour nous nous sommes présentées en disant qui nous étions, ce que nous faisions et quelles étaient nos attentes. Nous avons aussi rajouté quelques mots sur le sens de nos noms. Ensuite, nous avons brièvement présenté l'histoire des femmes de l'IRG, Helga nous a d'abord parlé de Sibyl Morrison and Myrtle Solomon. Ensuite, Ellen, Shelley, Casha et Carmen nous ont chacune raconté leur histoire au sein du groupe de travail des femmes de l'IRG. Nous avons fini cette journée en discutant de la spécificité des femmes dans la paix, ou s'il y avait bien quelque chose de particulier.
Le deuxième jour, Karoline de Norvège a parlé de ses expériences dans l'industrie du cinéma où elle travaillait avec des femmes en situation de conflit et surtout des femmes qui avaient connu des camps de concentration pendant la Seconde Guerre Mondiale. Nous avons vu des extraits de son film "Le Temps de l'Obscurité" qui était aussi montré en entier plus tard cette semaine-là.
Le troisième jour, Shelley, Pays-Bas/Etats-Unis, a parlé de son projet à IFoR (Women Peace Making Programme) et surtout de la partie sur l'acquisition de pouvoir par les femmes. Shelley a présenté le programme dans sa totalité lors d'un atelier ultérieur, montrant aussi la vidéo de la première consultation en Europe. Après son introduction, suivit une discussion sur les stratégies des femmes dans leur travail, leurs forces et leurs faiblesses d'un point de vue personnel et de celui de leur organisation.
Le quatrième jour nous avons fait une tour de table pour faire le point sur la journée 'hommes, femmes et pacifisme'. Ce compte-rendu sera inclus dans celui du groupe de travail des femmes qui eut lieu plus tard cette semaine-là. Sarah nous a parlé de ses expériences dans l'organisation pour "Les disparus au Chili" et comment les femmes jouaient un rôle spécial dans ce travail.
Le cinquième et dernier jour, Irina d'Ukraine a parlé de son travail, avant que nous ne concluions. Shelley et Ellen avaient préparé un compte-rendu de l'atelier dont nous avons débattu. Ensuite nous avons évalué le travail de la semaine en faisant le tour. Maia de Tchétchénie est venue à la toute fin et nous a donné une brève introduction sur la situation dans son pays.
Lors de l'évaluation, il a été noté que le mélange de présentations et de discussions dans une atmosphère conviviale donnait de meilleures possibilités d'écouter et d'appendre les unes des autres, et de rentrer chez soi inspirées et motivées pour continuer notre travail personnel à la maison. Le travail en réseau était important aussi pour le travail futur. Il a aussi été mentionné que des amis de Belgrade et du Kosovo manquaient à ce groupe.
(Compte-rendu écrit par Ellen Elster. Le groupe a aussi écrit une déclaration commune qui est disponible sur le site web de l'IRG ou directement au bureau)
D'un autre côté, l'Afrique du Sud est un pays passionnant- le seul pays qui a détruit volontairement son propre arsenal nucléaire, le seul pays où les militants pour la paix ont des réunions et des rencontres avec le Ministre de la Défense, le seul pays où le gouvernement soutient la transformation des rapports entre les sexes. Il y a un problème sérieux avec la production et la vente des armes -les joujoux des soldats qui constituent nos Forces de Défense- mais il y a des efforts vers la conversion, pour utiliser d'autres méthodes, et l'industrie de l'armement doit faire face à de sérieuses réductions budgétaires chaque année. Ces aspects de la nouvelle Afrique du Sud aident à promouvoir un plus large combat pour les Droits humains
La Commission sur l'Egalité des Sexes que Farid dirige est partie intégrante de ce large projet d'humanisation. Bien que généralement en partenariat avec le gouvernement, la Commission a le pouvoir d'investigation, de citation de témoin, de recherche et de saisie de documents- y compris ceux des bureaux du gouvernement et des officiers.
Depuis 1990, le Tchad est officiellement en processus de démocratisation, mais nombre d'organisations civiques n'y croient pas et pensent qu'il ne s'agit d'autre chose que de discours venus d'en haut. Début 1993, après une conférence nationale de la société civile, des demandes de formation concernant l'éducation à la paix et les Droits de l'Homme ont été formulées. Depuis, le gouvernement n'a toujours pas répondu bien que TNV et d'autres groupes aient commencé de travailler sur des bases volontaires.
A la séance plénière de clôture de la Triennale, Koude a mis la lumière sur l'importance d'un lien IRG-Afrique. "Cette conférence a donné un cadre à nos échanges." A-t-il noté. "Au Tchad, il y a deux manières pour devenir célèbre- être chef de guerre ou s'engager dans l'anti-politique des discours vides. Le temps est venu de mettre un point final à tout cela. Nous devons planter une petite graine, mais celle-ci grandira. Nous devons continuer de travailler ensemble, et ainsi nous moissonnerons les bénéfices de ces graines."
Bindi, quant à elle, mentionna qu'elle venait juste de travailler au Niger où elle conduisait deux jours de stage sur la résolution des conflits avec CARE.
(Compte-rendu de Matt Meyer, plus d'informations sur le site de l'IRG)
Les points suivants ont été décidés:
Patricio nous a dirigé dans un exercice utilisé dans son pays, pendant la dictature, pour aider les gens à agir malgré leurs peurs. Il nous a demandé de penser à un moment où nous étions vraiment effrayé. En silence, nous devions traduire notre peur par la position et l'expression de notre corps. Puis, il nous a réuni par paire. Il nous fut ensuite demandé de rejouer la peur de l'autre tout en sentant encore notre propre frayeur. Le guide du jeu de rôle nous rassembla ensuite par groupe de 4 et finalement nous furent en contact avec tout le groupe. La plupart des gens trouvèrent difficile de "garder" leur peur en étant confronter à celles des autres, surtout quand on sentait au sein du groupe la solidarité des uns envers les autres.
Après l'exercice nous avons eu l'occasion de mettre tout cela en pratique, quand soudainement un participant rejoignit le groupe et expliqua que des membres de son organisation avaient reçu des menaces de mort après la publication d'un article erroné les concernant dans un journal local de la région de Krajina, alors qu'ils travaillaient au soutien de réfugiés ( Bosnio-Croates et Serbo-Croates). Notre groupe l'a écouté attentivement, en partageant idées, expériences et moyens d'action, à la fin nous avons fait un cercle d'amitié et de soutien autour de lui.
(Rapporté par Vivien Sharples. Plus d'information sur le site de l'IRG.)
Nous avons tout d'abord formé des petits groupes de 3 ou 4 personnes, puis en l'espace de trois minutes nous devions créer 3 situations qui caricaturaient l'attitude homme/femme. Ensuite, nous avons présenté ces situations dans un tableau (sans geste ni parole) à l'ensemble du groupe dont les membres devaient deviner quels personnages étaient supposés être féminins ou plutôt masculins et ce que pouvaient ressentir ces personnages. Cette technique apporta rapidement à l'assistance beaucoup d'occasion de rire et de discuter en faisant un intéressant outil pouvant être utilisé pour d'autres buts. La responsable de l'atelier nous montra des photos prises à une gare, les personnes photographiées étaient des inconnus mais leurs attitudes illustraient les différences entre les sexes dans l'attitude corporelle.
Nous avons convenu que notre langage corporel a une influence sur nos sentiments et de là sur notre comportement et vice versa. Ainsi un des moyens pour nous changer est de modifier consciemment notre langage corporel, ce qui nous permettra de ressentir les choses différemment. Par exemple, si vous voulez vous exprimer fortement dans une grande réunion, il est plus difficile d'y parvenir si votre corps est recroquevillé. Si au contraire vous adoptez une tenue ample et ouverte, vous ferez plus de place à la confiance et votre voix sera plus forte. Imke nous a dit que des études européennes avaient montré que le langage du corps avait davantage tendance à correspondre aux stéréotypes des sexes entre l'âge de 15 et 25 ans, période où les personnes essaient de montrer qu'ils sont de "vrai(e)s" hommes ou femmes.
(Rapporté par Vivien Sharples. Plus d'information sur le site de l'IRG.)
"Le cercle organisé" est une méthode d'organisation des discussions développée par les activistes allemands afin d'aider les militants à structurer et planifier leur travail . Ainsi cet aspect souvent négligé est ici pris en totale considération.
Les différentes étapes d'un travail sont nommées: le commencement, l'analyse, le but, la stratégie, le développement des activités, la réalisation des activités et l'évaluation. Ces étapes sont listées et inscrites au sommet d'une grille tandis que les autres composantes prennent place en bas sur un autre axe: membres de groupe, valeurs et principes de groupe, ressources, structure et processus, problème et solution, communication et environnement. Le groupe rentre ainsi complètement dans la grille. Par exemple, si un groupe décide d'éclaircir ses débuts, la question des "ressources" est importante: "Quelle ressources avons nous?" ( temps, argent, espace, matériel, contact, technologie, volontaires...). Dans l'étape "le but", les buts personnels des membres du groupe doivent être ainsi mis à jour et pendant le développement de la stratégie, un groupe doit définir le groupe cible qu'il veut atteindre avec son projet.
Nous avons mis à l'épreuve des éléments de cette méthode lors de la Triennale en ce qui concerne les refus de visas ainsi que pour les personnes bloquées à la frontière. J'ai trouvé que cela était un outil efficace même si cela peut être ardu et long de remplir la grille entièrement. Cependant, nombre de groupes avec lesquels j'ai travaillé ne mettaient pas en place cette sorte de consciencieuse planification et une telle organisation de la stratégie, ou bien ne la pratiquait pas assez du fait de sa difficile mise en place. J'ai donc apprécié de découvrir cette méthode.
(Vivien Sharples. Version augmentée sur le site de l'IRG. Plus d'information quant à la méthode " Organising Circle" chez patchwork@oln.apc.org)
Dix personnes ont assisté à cet atelier, qui abordait la question des effets du service militaire obligatoire à la fois sur l'individu et sur la société dans laquelle ils vivent.
Une des questions principales résidait dans le rôle qu'a l'instruction militaire soit dans la réaffirmation soit la construction de formes d'endoctrinement social déjà entreprises par d'autres institutions. L'entraînement militaire impose des conditions sur l'articulation et l'organisation du "système psychologique" de l'individu. Cela fait de l'individu un objet, conditionné en vue de l'apprentissage mécanique, de l'acceptation sans discussion et met l'accent sur la norme plutôt que sur les réponses multiples. Ceci est à ajouter à un mélange qui inclut la discipline, le déni de l'individu, la ritualisation ainsi que d'autres actes destinés à encourager la soumission au pouvoir.
A partir des discussions qui ont suivi; il était évident que la conscience du rôle des militaires est fonction de l'expérience de chaque individu, en particulier des relations entre les civils et "leurs" militaires. Certaines personnes de pays de l'ex-Yougoslavie avaient une perspective différente -non pas exprimée ouvertement mais évidente par ailleurs- qui minimisait les caractéristiques et les conséquences de l'entraînement militaire. Ceci est probablement à cause de l'expérience récente de la guerre: leurs armées sont souvent conçues comme un allié qui les défend d'agressions extérieures.
Les thèmes comme des armées de la paix, des actions pour l'intégration continentale, la consolidation des relations militaires/civils, etc. ont récemment été introduits dans le débat public de nombreux pays. Ceci nous empêche souvent de recadrer le débat autour des questions plus fondamentales comme "pourquoi est-ce que les armées existent en premier lieu"?
(Version espagnole Rosella Baronti, traduction de l'espagnol Roberta Bacic)
Les nouvelles stratégies pour consolider la justice et pour renforcer la paix dans cette période d'après-guerre ont été discutées lors de cette Conférence. Nombre de participants venaient de pays où les guerres perdurent. Nous avons abordé les questions des stratégies de solidarité face aux guerres, à la conscription, au commerce des armes, à la discrimination et à la violence -surtout celles contre les femmes-; nous avons choisi de résister par le biais de l'objection de conscience, la désobéissance civile et l'objection fiscale. Ces débats constituent une importante contribution aux tentatives de réconciliation parmi et entre les pays post-yougoslaves.
Nous déplorons avec force l'absence des militants pacifistes de renommée internationale de Serbie, du Kosovo, du Monténégro et de Vojvodine. Les autorités de la République de Croatie ont refusé de délivrer des visas à ces militants, contrairement aux promesses faites précédemment et, en dépit du fait que leurs modalités d'obtention avaient été respectées. Les participants présents s'accordent à dire qu'il ne peut s'agir d'un simple accident mais que cela constitue plutôt un autre exemple de la politique actuelle du Gouvernement Croate qui refuse de soutenir les processus démocratiques au sein de l'ex-Yougoslavie autrement que par des discours creux. Un pays qui ne permet pas la liberté d'association n'est pas un pays libre.
Il est symptomatique que cet acte du Gouvernement Croate coïncide avec l'interdiction par le Gouvernement Serbe des manifestations pacifistes contre la guerre et la répression au Kosovo, prévues et annoncées pour le 19 septembre dans de nombreuses villes de Serbie et Vojvodine.
Cela peut-il vraiment être une coïncidence? Honnêtement, la démocratisation, la réconciliation et la construction de la paix dans la région sont perçues par les régimes autoritaires et nationalistes en place comme autant de menaces.
Le Gouvernement Croate a aussi refusé les visas de deux militants africains invités à la Conférence sous prétexte qu'ils ne seraient pas capable de prêter attention à celle-ci. Nous avons perçu cela comme une honteuse discrimination.
Une de nos collègues, militante de la paix au Kosovo, n'a pu nous rejoindre car elle a été blessée par l'explosion d'une mine juste quelques jours avant la Conférence. Bien que prise dans des échanges de coups de feu, elle a quand même réussi à se rendre à l'hôpital où elle est actuellement soignée.
Le courage et la persévérance des militants pour la paix qui coopèrent avec l'Internationale des Résistants à la Guerre (IRG) prouve que chaque personne peut résister à la guerre et à la répression- et qu'il s'agit toujours d'un acte qui grandit son auteur. Nous ne permettrons pas que les régimes actuels nuisent à nos efforts pour aider à la réconciliation et construire une paix durable dans la région de l'ancienne Yougoslavie.
Une fois encore, nous demandons aux peuples du monde de choisir ensemble la paix!
(Texte signé par les participants de la Conférence, vendredi 25 septembre 1998.)
Institut für Friedensarbeit und Gewaltfreie Konfiktaustragung Haupt Str. 35, D-55491 Wahlenau/Hunsrueck, Allemagne. Tel. (49) 6543 980296; fax. 571 23019; email institut_fgk@bionic.zerberus.de (accepté en tant que section)
Archiv Aktiv für gewaltfreie Bewegungen Sternschanze 01, D-20357 Hamburg, Allemagne. Tel. (49) 40 430 2046; email k.hocke@umwelt.ecolink.org (accepté en tant qu'organisation associée)
Les détails de ces projets se trouvent dans les minutes de la Conférence. De plus amples informations sont présentées sur le site internet de l'IRG ou au bureau londonien.
Edition et mise en page: Ken Simons (Toronto)
Traduction: M. et G. Cressman (Le RIRe/France)