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Page principal du IRG > Publications >Le fusil brisé > Le fusil brisé no.42, mars 1999

Ensemble, Choisissons La Paix!

XXII Conférence triennale de la International des Résistant(e)s à la Guerre

Porec, Croatie
19/24 Septembre 1998
Co-organisée par ARK, Groupe anti-guerre de Croatie.

INTRODUCTION

Chers Amis, Chères Amies,

La 22ème conférence triennale de l'Internationale des Résistant(e)s à la Guerre (IRG) a été un événement fort, rassemblant de nombreux amis venus du monde entier. 309 participants de 40 pays - Afrique du Sud, Allemagne, Argentine, Australie, Autriche, Belgique, Bosnie-Herzégovine, Canada, Chili, Colombie, Congo, Croatie, Danemark, Etat Espagnol, Etats-Unis, Finlande, France, Grande-Bretagne, Guatemala, Hongrie, Inde, Indonésie, Irlande du Nord, Israël, Italie, Kosovo, Luxembourg, Macédoine, Norvège, Pays-Bas, Paraguay, Russie, Slovénie, Suède, Suisse, Tchad, Tchétchénie, Turquie, Ukraine, et la République Fédérale de Yougoslavie - étaient représentés.

Comme Marko Strpic l'a écrit dans un article du groupe anti-guerre de Croatie (ARK), "Finalement le plus important pour moi était peut être de rencontrer des gens. Nous avons établis de vrais bons contacts" Beaucoup partagent sûrement ce point de vue. Il est toujours bon d'apprendre qu'il y a des gens qui essaient de faire quelque chose dans des endroits plus ou moins sereins de part le monde.

C'était très important pour ARK, qui co-organisait la conférence, car cela donnait un nouveau souffle à son engagement pour la non-violence. La Triennale a aussi aidé au redémarrage du travail de promotion de l'objection de conscience. De plus, l'effort pour organiser cette réunion internationale a permis au groupe ARK de Zagreb de se développer et d'accroître ses capacités, lui permettant de faire encore plus à l'avenir. Les activités liées à la Triennale ont mis en avant le travail du Centre pour les Initiatives Civiques de Porec tout en les aidant à promouvoir la défense des droits humains et la liberté des femmes.

La Triennale a rendu visible le travail pour la paix. Pendant la Conférence, il y a eu deux reportages à la télévision locale et nationale- et la rencontre fut bien couverte par la presse. Des entretiens avec Greg Payton et Vesna Terselic furent publiés une fois la Conférence terminée.

Qui peut dire quels sont les germes d'espoir contenus dans les mots de Greg Payton, vétéran américain du Vietnam, lorsqu'il s'adressa, durant la Conférence, aux vétérans de Pula, en Croatie ? Les gens de la région ont également assisté au débat sur la tolérance civile, animé par Vesna Terselic, Rob Fairmichael, d'Irlande du Nord, et Gajo Sekulic, de Bosnie-Herzégovine, tous participants au forum international.

Cela a constitué un pas important vers l'articulation des politiques de paix pour les pacifistes des différents pays de l'ex-Yougoslavie. Et c'était important pour l'IRG de renforcer notre réseau international et d'y insuffler une nouvelle vitalité. La Réunion de fonctionnement interne a adopté le plan stratégique de l'IRG, qui est aujourd'hui en cours d'application. Les graines semées à la Triennale commencent à se multiplier à travers le monde.

Nous espérons que ce compte-rendu vous inspirera, vous encouragera. C'est le témoignage de notre rencontre à partir de laquelle nous pouvons à la fois partager et apprendre.

Paix,

Vesna Terselic
Joanne Sheehan

SPONSORS

Nous tenons à remercier ceux qui ont rendu, par leur aide financière, cette Triennale possible.

Plénières

Séances matinales

Les sessions plénières du matin s'ouvrent sur les annonces, les nouvelles du monde et permettent une courte présentation des participants venant de régions où l'activisme non-violent est difficile, voire fait l'objet de menaces.

Serdar Tekin de l'Association des Résistant(e)s à la Guerre (SKD) d'Izmir décrit comment Osman Murat Ulke et lui-même s'assirent autour d'une table au début des années 90 pour définir une stratégie de résistance au militarisme en Turquie. "On pensait être les seuls dans le pays. Nous sommes très isolés du fait d'une société qui est très militariste et très autoritaire."

Le premier contact avec l'IRG remonte à 1992. De nombreux contacts internationaux avec des mouvements d'objecteurs suivirent, y compris avec la Grèce (l'ennemi national de la Turquie).

Les antimilitaristes d'Izmir, d'Istanbul et d'autres villes du pays furent rapidement l'objet de persécutions et d'arrestations. Quand Ossi défia de manière officielle les lois militaires en brûlant publiquement son ordre d'appel au service militaire, un long cycle de procès, de remises en liberté et de nouvelles arrestations débuta. La solidarité internationale était un facteur majeur du soutien moral pour Ossi comme pour les antimilitaristes turcs. "Pendant tout ce temps nous n'avons pas été seuls. Nous sentions que nous faisions réellement partie d'un réseau international de solidarité."

Yeni Damayanti a décrit comment, en Indonésie, une culture de contestation dépassa les cercles des seuls étudiants à la fin des années des années 80 et au début des années 90. "Nous avons essayé de rompre la culture de la peur et de donner à la population plus d'information. Ainsi nous avons commencé à organiser des manifestations ouvertes à tous. Souvent nous avons pris fait et cause pour des problèmes de propriété terrienne car beaucoup de fermiers ont été expulsés de leur terre à cause de projets de développement tels que des parcours de golf ou l'implantation d'usines chimiques."

"Nous menions nos manifestations au grand jour mais faisions particulièrement attention à leur déroulement. Nous avions mis en place une échelle du danger pour les différents endroits. La manifestation qui m'a conduite en prison en décembre 94 était due à une mauvaise appréciation du danger. Nous étions devant le Parlement et demandions que Suharto soit jugé, que les militaires arrêtent de s'attaquer aux civils et aussi que les structures extra-judiciaires de l'armée soient dissoutes. Alors les militaires sont arrivés."

Yeni a été emprisonnée pour un an. "En Indonésie, si vous êtes un militant, vous acceptez le fait d'avoir déjà un pied en prison." Elle a vécu en exil pendant 3 ans après sa remise en liberté et retourna au pays peu de temps après la chute de Suharto.

Xhelal Svecla, étudiant en dentaire à la Commission de la santé de l'UPSUP à Prishtinë (Kosovo), décrivit comment il devint militant après "avoir essayé de mener une vie ordinaire...fermant mes yeux et pensant que quelqu'un d'autre se débrouillerait avec la situation."

"Mais les choses atteignirent un tel point qu'il n'était même plus possible d'éteindre la télévision et d'arrêter tout ça. Je rejoignis donc un groupe d'étudiants après m'être aperçu qu'il me fallait faire quelque chose par moi-même pour aider mon peuple, pour aider d'une manière ou d'une autre à résoudre la crise qui me touchait et touchait tout le monde jour après jour. Maintenant que la guerre continue, je pense qu'il n'y a plus beaucoup de marge de manoeuvre ni de moyens avec lesquels travailler pour notre lutte non-violente. Beaucoup de gens me demandent pourquoi la lutte non-violente ne marche pas, je ne le sais pas moi-même."

"J'espère qu'un jour viendra où chacun de par le monde n'éteindra pas sa télévision quand le Kosovo y sera montré mais, au contraire, joindra sa voix pour demander l'arrêt du carnage et le début du dialogue entre les deux nations, entre le régime serbe qui est le plus condamnable et l'autre partie, l'Albanie, pour stopper une fois pour toute ce génocide au Kosovo."

Diane Rizek/Shaloufi est née dans une famille palestinienne de Nazareth. "En 1948, Israël devint une réalité. Beaucoup de Palestiniens s'exilèrent ou furent expulsés lors de la guerre de 1948. Une police d'apartheid fut mise sur place. Les fermiers perdirent leurs terres. Nos livres d'histoire furent écrits de manière à encourager la haine de mon peuple."

"Lors de mes études, je commençais à militer. La haine intérieure grandissait en moi, il fallait que je fasse quelque chose car je n'aime pas haïr. Quand je me suis mariée, nous sommes partis vivre à Neve Shalom/Wahat al Salaam pou réécrire l'histoire de la cohabitation fraternelle des peuples dans ce pays."

"Nous avons beaucoup de problèmes dû au mélange des communautés. Mais nous essayons d'enseigner à nos enfants - ainsi qu'aux enfants des villages environnants- qu'ils doivent regarder l'autre comme l'égal de soi-même."

"Maintenant nous sommes reconnus en tant qu'école expérimentale. Beaucoup de gens viennent, visitent, prennent part à nos ateliers et à nos stages. Nous avons aussi des enseignants qui viennent apprendre comment nous travaillons et comment nous avons fait tout cela, aussi pour d'autres pays - comme la Grèce et la Croatie - afin d'étudier comment agir avec d'autres cultures et des langues différentes, comment composer avec toutes ces données."

(d'après les notes de Howard Clark, Ellen Elster et Judith Pasternak)

Ensemble, choisissons la Paix!

Vesna Terselic a souhaité la bienvenue aux participants de la Triennale surtout à celles et ceux de la République Fédérale de Yougoslavie (Montenegro, Serbie, Vojvodina et Kosovo) qui ont connu des difficultés pour venir. "La guerre au Kosovo s'intensifie et la crise humanitaire a déjà débuté, cependant l'administration croate n'a pas donné de visas aux gens qui travaillent pour la paix et qui peuvent parler de l'autre face des conflits."

Une invitée, militante des droits de l'homme au Kosovo, a été gravement blessée quelques jours avant la Conférence, par l'explosion d'une mine lors du passage de son véhicule.

Greg Payton, militant pacifiste Afro-Américain, a parlé de son expérience en tant que conscrit, puis comme vétéran et enfin comme animateur anti-guerre. "Dans les jours qui viennent, je parlerais aux gens de Bosnie et de Croatie qui sont traumatisés par la guerre, comme moi-même je l'ai été. J'espère qu'en parlant de ma propre expérience cela pourra aider à résoudre les tensions internes qui font souffrir de nombreuses personnes. Parler de la guerre est une manière d'en sortir."

"En huit semaines d'entraînement, de personne j'étais transformé en une machine à tuer. C'était un processus de déshumanisation..." Plus tard en 1967, il était envoyé au Vietnam.

"Le racisme était très visible. Les Noirs faisaient la sale besogne, surtout les conscrits noirs. Cela devait être un système de rotation des tâches, mais ce ne l'a jamais été. Au bout de quelques temps je compris que la façon dont les Vietnamiens étaient traités était la même que celle infligée aux noirs. J'étais déboussolé. Je m'élevais contre ces pratiques dans les casernes. Alors je fus agressé. Les soldats Américains blancs m'ont davantage tiré dessus que les Nord-Vietnamiens."

"J'ai commencé à fumer de l'opium au Vietnam. Quand je suis rentré, j'ai pris de l'héroïne. Cela m'éloignait de la réalité, me faisait oublier ce que je vivais. Au même moment, j'essayais de mener une vie de famille tranquille."

"C'était comme si j'avais deux visages. Brutalement, tout s'effondra, ma famille, mon travail, ma dignité. J'en vint à vouloir me suicider. Puis ce jour-là, j'entendis une voix au fond de moi."

"J'ai été transporté à l'hôpital des vétérans. Là, je suis entré en contact avec le groupe des Vétérans du Vietnam contre la Guerre. Une fois en meilleur forme, j'ai commencé à parler avec d'autres vétérans."

"Nous souffrions de désordres psychologiques et de traumatismes. Nous connaissions les mêmes problèmes. Cela nous rassembla."

(D'après les notes de Ellen Elster.)

Justice après la guerre

Cette session a été l'occasion d'un débat entre différents militants yougoslaves ayant des appréciations différentes sur l'équilibre entre justice et réconciliation dans les sociétés d'après-conflits et qui répondaient aux questions soulevées par d'autres situations similaires (en particulier le Chili et l'Afrique du Sud).

La fin de la résolution de conflits

Cette séance plénière était différente des autres du fait qu'il n'y avait pas de conférencier invité. Ce fut l'occasion pour chaque participant de la Triennale, en s'appuyant sur sa propre expérience, d'explorer le sujet, de faire un état des lieux et de dégager ensemble les implications pour les mouvements de paix .

Une série de pistes fut proposée aux participants. Parmi celles-ci figurent: Quel est le potentiel de la résolution des conflits pour neutraliser les déséquilibres entre les différentes parties? Quelle est la limite dans la capacité de la résolution des conflits à intégrer la notion de justice et une perspective adéquate des droits humains? La résolution des conflits est-elle plus à même de résoudre les conflits entre les personnes que les conflits entre les nations? Le regard porté sur les failles de la résolution des conflits permettra aux militants pacifistes de mieux la gérer mais aussi de rendre celle-ci plus pertinente.

La discussion n'avait pas pour objectif d'apporter des conclusions mais les points suivants se dégagent:

Compte-rendu de Clem McCartney. Une version augmentée est disponible en anglais.

Action civile pour la Paix

Cette séance plénière s'acheva sur un discours émouvant de Koussetogue Koudé du Tchad. Né durant la guerre civile au Tchad ( "Je suis issu d'une génération sacrifiée."), Koudé travaille pour une organisation de la jeunesse qui lutte contre la discrimination et l'injustice. "Quand nous parlons de non-violence et que nous disons qu'il est possible de construire un monde sans violence, ils disent que nous sommes utopistes. Comment pouvons-nous envisager une chose pareille alors que nous vivons dans un monde qui durcit ses frontières et développe le nationalisme? Mais des gens peuvent refuser de soutenir la guerre et la violence...Je suis totalement persuadé que la volonté prévaut. Ils peuvent m'appeler un utopiste, je suis convaincu qu'un jour ça arrivera."

Masculinités et féminités

Journée des 'hommes, femmes et pacifisme': un grand pas dans l'histoire de L'IRG?

"Cette journée est une expérience. Quand j'ai commencé à travailler à l'IRG en 1979, beaucoup d'hommes ne pouvaient accepter ni comprendre pourquoi les femmes devaient avoir leurs propres espaces et leurs propres conférences. Quelque temps après nous formions le Groupe de travail des femmes dont l'un des buts est de concevoir le travail de l'IRG à partir des expériences féminines et masculines.

"En effet, cette 'journée hommes, femmes et pacifisme' n'était pas une journée des femmes. Il s'agissait de regarder le monde de façon explicite à travers les perpectives masculines et féminines. Bien entendu nous aurions pu choisir des perpectives différentes, comme celles de la langue; de la race, de la religion, de l'identité. On peut regarder le monde à travers de multiples prismes. Mais cette fois, après de nombreuses années de travail parfoit en marge des principales préocupations de l'IRG, nous avons choisi celui de la féminité et masculinité".

"Une journée comme les autres" fut l'un des commentaires sur cette journée, sans doute l'un de ceux qui marquaient la frustration. Bien que cette journée était importante pour l'IRG et qu'elle ait démontré que les participants débattaient volontiers de cette question, il est néanmoins apparu que ce sont encore les femmes qui sont les plus conscientes de leur sexe et de l'importance d'une perspective qui tienne compte des masculinités et des féminités.

Organiser une journée spéciale pour l'expression des masculinités et des féminités a posé quelques problèmes: "on ne peut conclure sur une telle question en une minute, il faut avoir confiance les uns dans les autres" disait l'une des participantes. Comme de nombreuses personnes ne se connaissaient pas, il a été difficile de dépasser les clichés et d'atteindre une compréhension plus profonde de cette question complexe. Et la même personne remarquait : "les hommes n'étaient pas assez sûrs d'eux pour faire des remarques personnelles et certains se sentaient même menacés par le thème". D'autres ont quitté la journée, et lors de la plénière du soir, une femme a fait un commentaire important qui explique peut-être les difficultés de la journée. Elle a dit que cette journée représentait sans doute pour la plupart des femmes la première fois qu'elles abordaient ce thème dans des groupes mixtes tandis que pour les hommes c'était la première fois qu'ils y étaient confrontés en groupe.

Quelques uns des commentaires soulignent les difficultés encourues: "Les hommes performent, les femmes se conforment" ou "je n'obéis qu'à ma conscience", ce qui, comme quelqu'un l'a dit, "est assez difficile à dire pour les femmes en raison de la pression à se conformer". Le problème réside-t-il dans le refus des hommes de reconnaître qu'eux aussi se conforment et que leur 'performance' fait partie intégrante de ce conformisme?

Le rôle des rapporteurs

Une chose quand même qui a fait de cette journée une journée inhabituelle de la Triennale, c'était l'utilisation de la technique des 'rapporteurs/rapporteuses'. Six personnes (quatre femmes et deux hommes) ont été choisi pour suivre les débats, modérer des ateliers et faire un compte-rendu à la plénière du soir. L'objectif était de souligner les difficultés qu'il y avait à débattre de ce thème dans un groupe mixte comme l'IRG.

Les bénéfices de l'utilisation de cette technique étaient mitigés. "Peut-être y avait-il le sentiment que la présence des rapporteuses et rapporteurs affectait la spontanéité de la discussion et ainsi nombreux sont ceux qui n'ont pas apprécié leur présence". Cependant, "d'un autre côté leur présence a peut-être permis à d'autres personnes de s'exprimer sur le sujet de la féminité et masculinité".

Les rapporteurs ont fait part de nombreuses observations, "mais l'énergie positive de cette journée n'a pas vraiment été rendue lors de la plénière", en effet, certains rapporteurs se sont plaint de l'organisation de la journée et du peu de temps qu'il leur était octroyé pour préparer leur présentation.

Est-ce que la journée était réussie? Commentaires de deux rapporteurs/euses: "Quand même, à la fin de la journée, j'ai eu ce sentiment d'un pas accompli, vers une compréhension réelle et honnête au sein d'un groupe mixte". "J'ai apprécié mon rôle de rapporteur lors de cette journée des masculinités et des féminités et suis content(e) que nous ayons fait des progrès. Maintenant, la question est de transformer cet événement d'une journée en une façon de vivre au sein de l'IRG". Every day is gender day!

(Compte-rendu par Andreas Speck et Majken Sørensen)

Groupes thématiques

Désobéissance civile et action environnementale

Animé par Stephen Hancock et Melanie Jarman
Les buts de ce groupe de travail étaient de découvrir les préoccupations relatives à l'environnement des antimilitaristes, d'explorer les liens entre militarisme et destruction de l'environnement, de comparer les méthodes et tactiques utilisées et d'apprendre par des échanges mutuels.

Le premier jour, nous avons exploré les liens entre désastre écologique et militarisme. Ce fut l'occasion de noter des questions primordiales, utiles à la discussion.

Le deuxième jour, nous avions deux études de cas: une vidéo et une présentation de la lutte contre le transport des matériaux nucléaires en Allemagne ainsi que l'exposé du GenetiX Snowball, la campagne contre les OGM en Grande-Bretagne.

La troisième journée fut consacrée à deux questions principales: dans quelle mesure est-ce que notre mouvement/groupe et notre organisation tiennent compte des masculinités et féminités? Dans quelle mesure est-ce que ces différences de perspectives sont liées aux militarisme et à la destruction de l'environnement? (Débattu simultanément par un groupe d'hommes et un groupe de femmes)

Lors du jour suivant, les débats se poursuivirent. Les questions et remarques suivantes en donnent un petit aperçu. "Le patriarcat est une cause première du militarisme comme de la destruction de l'environnement"; "Nous n'avons pas le temps de discuter du sexisme dans notre mouvement parce que notre système écologique est au bord de la catastrophe"; "Le délaissement de l'environnement au profit du travail est inévitable"; "Notre système économique est une forme de guerre"; "Les organisations internationales ne peuvent pas être réformées"; et " La désobéissance civile devrait toujours être du dernier ressort". Une étude de cas s'est penchée sur la campagne d'opposition à la construction de fabriques de cellulose au Chili.

En ce dernier jour, nous avons étudié les différences stratégiques de la non-violence entre le Chili et l'Europe de l'Ouest. La journée permit de dresser un panorama des futures luttes et actions de désobéissance civile, d'explorer les moyens de nous soutenir les uns les autres et comment nous pourrions inclure les perspectives écologiques dans le travail de l'IRG.

Certains membres ont pris des engagements personnels et une partie des recommandations du groupe de travail ont été intégrées au plan stratégique de l'IRG.

(Compte-rendu par Melanie Jarman. Une version plus longue est disponible en anglais)

Mouvements de base et processus de paix

Animé par Rafa Sainz de Rozas, Sni et Rob Fairmichael
Nous avons essayé d'organiser nos matinées de la même manière, de leur donner un format type incluant jeux et moments de détente ou de créativité afin de briser le poids de ces travaux. Chaque jour, nous étudions un aspect particulier de notre thème et une zone géographique précise de conflits (Euskadi/Pays Basque, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Tchad, Irlande du Nord). Les participants du groupe étaient en majorité des Européens. Dans l'ensemble les aspects du thème que nous avons tenté d'explorer incluaient les étapes de processus de paix, le thème féminité et masculinité, la possibilité d'influer sur les processus politiques, le rôle des ONG, l'économie, etc.

"La neutralité" ou l'impartialité étaient d'importants aspects du débat même si la quasi-totalité des participants pensaient que ces termes ne reflétaient pas toutes les situations et ne qualifiaient pas le travail de ses acteurs. Les domaines de l'économie se sont avérés insuffisamment connus par les militants pacifistes qui s'accordaient pourtant à dire qu'ils devaient être explorés. Il est également paru important de renforcer les groupes locaux plutôt que de supposer qu'il faudrait que nous intervenions nous-mêmes en cas de conflit.

Même dix ou onze heures ne suffisent à cerner un tel sujet et plusieurs questions restèrent en attente. Pourtant se dégagent les points suivants:

(Compte-rendu de Rob Fairmichael)

Identité et Conflit

Animé par Maggie Helwig et Biljana Kasic
Il y avait environ 35 personnes dans notre groupe. Il y avait donc, en terme géographique mais aussi théorique comme au regard des expériences, des compréhensions diverses de la notion d'identité. Nous en sommes restés à un niveau exploratoire. De nombreuses personnes ont trouvé une grande valeur à cette découverte, à l'exploration d'un thème qui n'est pas des mieux connus pour les pacifistes. De l'avis des membres de ce groupe, on notera que ces notions d'identité, de conflit et leurs interactions doivent être davantage explorées.

Nous avons débuté ces cinq journées de travail par un tour de table, un questionnement de chaque personne, à savoir comment chacun définissait son identité, laquelle des facettes de leurs identités était importante pour eux. En petit groupe, nous avons ensuite posé la question suivante: "Quand quelqu'un te regarde comment crois-tu qu'il t'identifie?" La journée s'est terminée par un petit compte-rendu de chaque participant sur l'identité du groupe et son identité personnelle.

Le deuxième jour a été davantage centré sur identité nationale et conflit. La journée a démarré par des discussions en paires lors desquelles il était demandé aux participants de penser aux moments où ils/elles mettaient l'accent sur leur identité nationale ou la ressentaient comme particulièrement importante.

La journée 'hommes, femmes et pacifisme' a commencé par un tour de table sur la question, "lorsque vous vous êtes réveillé(e) ce matin étiez-vous conscient(e) de votre 'sexe'?". Après un court jeu de rôle et une discussion, les participant(e)s ont demandé à se mettre en petits groupes et à imaginer une situation de conflit dans laquelle leur sexe jouerait un rôle. Curieusement, lorsque les groupes firent le bilan, aucun ne cite d'expérience particulière, tous font des réflexions générales sur le thème principal et particulièrement sur la façcon dont ils/elles avaient ressenti les discussions plus tôt dans la journée.

La journée suivante débuta par la poursuite de la discussion de la journée spéciale qui fut sans doute plus intense et plus constructive que les discussions qui eurent lieu le jour en question. Nous avons également abordé la question intéressante du style "d'identité collective" que ce groupe thématique avait développé. Nous avons ensuite passé un bon moment en petits groupes de discussion -chaque groupe devant débattre d'un commentaire délibérément provocateur sur l'identité, puis devant le rapporter au groupe.

Le dernier jour s'ouvrit sur les commentaires des participants les plus silencieux et qui désiraient s'exprimer. Le groupe s'interrogea sur les moyens à mettre en oeuvre par l'IRG pour continuer ces discussions et dressa l'évaluation suivante.

Evaluations et commentaires

Les discussions étaient de qualité. Il ne fait aucun doute que le groupe thématique a développé sa propre "identité de groupe" et les participants ont utilisé les idées générées durant les sessions come un prisme à travers lequel aborder d'autres discussions auxquelles ils ont pris part. Un participant a toutefois fait remarquer "nous avons passé tellement de temps à définir l'identité que nous n'avons pas pu étudier ses relations avec le conflit." L'IRG compte poursuivre l'exploration de ce thème.

(Compte-rendu de Maggie Helwig. Une version plus longue est disponible en anglais.)

Non-violence et renforcement du pouvoir de la population

Animé par Howard Clark et Vesna Terselic
Il s'agit du groupe le plus important (environ 60 personnes) et du plus diversifié avec des participants de Bosnie et de Croatie ainsi que 3 Chiliens.

La session d'ouverture était simple: un tour de table destiné à découvrir le nom, l'organisation et le pays d'origine des participants; nous avons essayé de savoir pourquoi nous avions chacun choisi ce groupe thématique et ce que nous espérions y trouver. Enfin, nous nous sommes fixés comme exercice pour le lendemain un questionnement autour de l'idée: "A cet instant quand je sentais mon/notre pouvoir"

Dès le deuxième jour, nous avons dressé le croquis de notre plan de travail hebdomadaire, comportant une vision micro et macro, allant du fait personnel au fait de société. Après en groupes de quatre, nous avons poursuivi notre exercice lancé la veille, y ajoutant d'autres questions "En quoi consiste réellement cette notion de pouvoir? Quels sont les facteurs permettant de le maintenir? Est-il une réalité ou une illusion?"

Nous avons ensuite examiné les cultures d'obéissance, de solidarité et de résistance (celles-ci pouvant être étudiées sous les angles de race et de classe). Les caractéristiques de la pauvreté furent étudiées lors de cette quatrième journée, le dernier jour étant consacré à un bilan et à la liste des futurs travaux de l'IRG sur le pouvoir populaire.

Evaluations et commentaires

Face à ce sujet très vaste, nous pouvons d'abord noter la richesse et la diversité des interventions. Il est intéressant de remarquer qu'il a été moins difficile de relier, de faire des parallèles entre les contextes des mouvements de paix latino-hispaniques et ceux de l'Ouest qu'entre ceux-ci et ceux de Bosnie et Croatie. Il est utile de préciser l'existence de quelques tensions entre hommes et femmes en particulier lors du troisième jour. Lors des exercices, on s'est ainsi aperçu que les femmes dressaient des listes plus longues, comportant davantage de points relatifs à l'expérience personnelle, alors que les hommes étaient plus brefs. Ceci a été interprété par une participante comme l'illustration que "les femmes sentent une pression à se conformer tandis que les hommes transforment cette pression en un appel à la performance."

Plusieurs des discours précédant les séances plénières ont constitué de bonnes contributions à ce thème, tout particulièrement celui de Yeni d'Indonésie qui décrivait comment les opposants ont construit leur mouvement.

(Compte-rendu de Howard Clark. Une version plus longue est disponible en anglais)

Action de paix et modernisation des armées

Animé par Rafael Ajangiz et Orlando Castillo
Nous constatons aujourd'hui des changements structurels dans les forces armées de tous nos pays - plus visibles dans le Nord que dans le Sud- qui semblent bien plus sérieux qu'une simple réforme de plus.

La souveraineté territoriale n'est désormais plus la préoccupation majeure de nos gouvernements. La préoccupation majeure aujourd'hui est de préserver des intérêts nationaux et régionaux dans la compétition féroce qui résulte de la globalisation à tous les niveaux. Cela implique des interventions à l'étranger où et quand elles sont nécessaires, celles-ci pouvant être politiques, économiques et pourquoi pas militaires -à la fois dans des buts guerriers ou de maintien de la paix.

Cependant la globalisation implique aussi une pression d'en bas, d'une société civile qui a son mot à dire sur les questions de l'environnement ou de la guerre et sur la situation des Droits humains à l'étranger; ceci a déjà obligé certains Etats et gouvernements à engager des interventions qui ne correspondent pas à leur vision de l'intérêt national.

Nos sociétés ont un certain nombre de valeurs qui s'opposent aux valeurs militaires: la non-discrimination sur la base du sexe, de l'orientation sexuelle, de la religion, de l'origine ethnique, de la race, etc.; la protection de l'environnement, le respect des Droits humains; à la fois collectifs et individuels, la justice sociale, les ventes d'armes, etc. Chaque génération semblant partager de manière plus large ces valeurs, il est donc raisonnable de penser qu'ils trouveront de meilleures opportunités pour l'action à la paix dans le futur.

Les forces armées elles-mêmes tentent de s'adapter à ces nouvelles valeurs. En matière de sexes, d'orientation sexuelle et d'environnement, on note une nouvelle attitude dans certaines forces armées - même si c'est souvent quand on a besoin d'attirer de nouvelles recrues. Cette adaptation est double. Par exemple, dans certains Etats, les soldats peuvent faire part de leurs problèmes à un ombudsman, ce qui a parfois évité l'arbitraire et donné une légitimité accrue des militaires. En même temps, cependant, les forces armées ne peuvent reproduire entièrement les valeurs civiles parce qu'en faisant cela elles cesseraient d'être des forces armées. Une certaine tension existera toujours entre les valeurs militaires traditionnelles et les nouvelles valeurs civiles. Notre potentiel de mobilisation réside dans cette tension ou confrontation.

Les femmes sont maintenant admises dans de nombreuses forces armées incluant les forces spécialisées ou celles de combat, mais le critère d'admission c'est qu'elles se comportent comme des hommes, qu'elles fassent exactement les mêmes choses et correspondent aux mêmes critères. Nous sommes contents d'observer que ce genre d'intégration pose certains problèmes aux institutions militaires, car ceci n'est clairement pas la façon de régler les questions de différence entre les sexes. Notre propos n'est pas de savoir si les militaires offrent une certaine parité ou si les droits individuels à une carrière particulière sont assurés. Nous tentons plutôt d'aller vers une société non-patriarcale dans laquelle les armées n'ont bien entendu aucune place.

Une autre question examinée est celle du conflit entre le social et le militaire concernant les dépenses publiques. L'armée tente généralement de résoudre ce conflit en réinventant son rôle, par exemple en mettant l'accent sur son action lors de catastrophes naturelles ou présentant ses interventions "humanitaires" comme une alternative moins coûteuse que d'accueillir des réfugiés de guerre.

Direction pour le travail de l'IRG

L'objectif de l'IRG est d'abolir l'armée, toutes les armées, définitivement, c'est un but ambitieux mais nous pouvons lentement l'atteindre si notre action pour la paix s'attache à délégitimer les militaires et leurs activités.

Par délégitimer, nous entendons une diminution de la coopération et de la soumission. Ceci est le critère central à partir duquel nous devrions évaluer n'importe quel choix stratégique. Certains domaines à examiner sont:

  1. L'organisation de campagnes spécifiques afin de renforcer l'idée de l'abolition des forces armées et de mettre en place des stratégies adéquates qui la rendront possible, incluant des campagnes régionales telles que "L'Europe sans armées" et d'autres de ce style.
    1. Des campagnes dirigées vers l'implication militaire dans les conflits contemporains:
    2. Des campagnes pour que le public comprenne les échecs et limites de l'intervention militaire.
    3. Des campagnes pour des droits d'asile dans tous les pays.
    4. Des campagnes contre l'OTAN et ses organisations satellites.
    5. Des campagnes pour mettre hors la loi "l'Ecole des Amériques" et les centres de formations similaires.
  2. Des campagnes sur les dépenses militaires:
    1. Campagnes d'information sur le véritable niveau des dépenses militaires et son implication dans l'industrie de l'armement et les ventes d'armes.
    2. Larges campagnes d'objection fiscale, en coopération avec des ONG de développement, afin de donner une image plus réelle de la nécessité d'investir les ressources, non dans le militaire, mais dans le développement social.
    3. Campagnes de promotion du désarmement unilatéral, par exemple en élargissant la stratégie de la campagne contre les mines anti-personnel à toutes les sortes d'armement, organisant une Journée Internationale Sans le Pentagone, et/ou dénonçant nos propres pays à la Cour Internationale de Justice de la Hague pour avoir produit, vendu, et utilisé des armes de guerres, une violation manifeste des Droits de l'Homme.
    4. Campagnes contre toute production et vente d'armes.
  3. Des campagnes pour résister au recrutement militaire, obligatoire ou non:
    1. Par la promotion et l'expérimentation de la désobéissance civile comme à la fois une stratégie d'action et une valeur pour remplacer les contre-valeurs militaristes telle que le patriotisme, la discipline, la hiérarchie et le consentement.
    2. Par l'ouverture de musées anti-guerres.
    3. Par un engagement individuel de non-implication dans la guerre signé par le public, surtout dans les pays qui connaissent un conflit armé.
(Compte rendu écrit par Rafael Ajangiz. Une version plus longue est disponible en anglais)

Les femmes franchissent les frontières

Animé par Shelley Anderson et Ellen Elster
A peu près 18 femmes ont participé á ce groupe thématiques (Bosnie, Grande-Bretagne, Tchétchénie, Chili, Croatie, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Norvège, Serbie, Ukraine, Etats-Unis)

Bien qu'il y ait des dangers inhérents à propager une image traditionnelle de la femme qui s'occuperait des faibles, qui construirait des relations et qui communiquerait, il était apparent que les qualités particulières des femmes dans ces domaines devraient être reconnues, valorisées, soutenues et servir au mouvement de paix en général.

Le premier jour nous nous sommes présentées en disant qui nous étions, ce que nous faisions et quelles étaient nos attentes. Nous avons aussi rajouté quelques mots sur le sens de nos noms. Ensuite, nous avons brièvement présenté l'histoire des femmes de l'IRG, Helga nous a d'abord parlé de Sibyl Morrison and Myrtle Solomon. Ensuite, Ellen, Shelley, Casha et Carmen nous ont chacune raconté leur histoire au sein du groupe de travail des femmes de l'IRG. Nous avons fini cette journée en discutant de la spécificité des femmes dans la paix, ou s'il y avait bien quelque chose de particulier.

Le deuxième jour, Karoline de Norvège a parlé de ses expériences dans l'industrie du cinéma où elle travaillait avec des femmes en situation de conflit et surtout des femmes qui avaient connu des camps de concentration pendant la Seconde Guerre Mondiale. Nous avons vu des extraits de son film "Le Temps de l'Obscurité" qui était aussi montré en entier plus tard cette semaine-là.

Le troisième jour, Shelley, Pays-Bas/Etats-Unis, a parlé de son projet à IFoR (Women Peace Making Programme) et surtout de la partie sur l'acquisition de pouvoir par les femmes. Shelley a présenté le programme dans sa totalité lors d'un atelier ultérieur, montrant aussi la vidéo de la première consultation en Europe. Après son introduction, suivit une discussion sur les stratégies des femmes dans leur travail, leurs forces et leurs faiblesses d'un point de vue personnel et de celui de leur organisation.

Le quatrième jour nous avons fait une tour de table pour faire le point sur la journée 'hommes, femmes et pacifisme'. Ce compte-rendu sera inclus dans celui du groupe de travail des femmes qui eut lieu plus tard cette semaine-là. Sarah nous a parlé de ses expériences dans l'organisation pour "Les disparus au Chili" et comment les femmes jouaient un rôle spécial dans ce travail.

Le cinquième et dernier jour, Irina d'Ukraine a parlé de son travail, avant que nous ne concluions. Shelley et Ellen avaient préparé un compte-rendu de l'atelier dont nous avons débattu. Ensuite nous avons évalué le travail de la semaine en faisant le tour. Maia de Tchétchénie est venue à la toute fin et nous a donné une brève introduction sur la situation dans son pays.

Lors de l'évaluation, il a été noté que le mélange de présentations et de discussions dans une atmosphère conviviale donnait de meilleures possibilités d'écouter et d'appendre les unes des autres, et de rentrer chez soi inspirées et motivées pour continuer notre travail personnel à la maison. Le travail en réseau était important aussi pour le travail futur. Il a aussi été mentionné que des amis de Belgrade et du Kosovo manquaient à ce groupe.

(Compte-rendu écrit par Ellen Elster. Le groupe a aussi écrit une déclaration commune qui est disponible sur le site web de l'IRG ou directement au bureau)

Reconstruction et démocratisation

Animé par Jørgen Johansen et Vanja Nikolic
Le groupe a examiné les dynamiques de la reconstruction sociale au niveau local, où il est souvent nécessaire de construire des institutions (et des façons de travailler) qui n'avaient jamais existé avant. Il était évident pour les participants que les traités internationaux -pas juste dans les Balkans mais aussi dans d'autres zones de conflit contemporain- ne faisaient que jeter le voile sur les conflits. Les questions incluaient l'impunité, la dénonciation des crimes d'un régime ou de guerre et trouver une base juste pour la paix future.

Ateliers

Environ 40 ateliers ont été mis sur pied durant les 5 jours ouvrables de la Conférence, vous pouvez consulter la liste complète sur le site de l'IRG.

Groupe de travail sur l'Afrique

Matt Meyer ouvrit la réunion en rappelant les origines de ce groupe de travail, monté lors de la Triennale du Brésil. Il expliqua l'évolution des premiers contacts établis avec les groupes ou individus des pays africains francophones et anglophones, et montra la difficulté à créer comme à maintenir les liens.

Afrique du Sud
L'Afrique du Sud aujourd'hui," c'est le bordel" s'est exclamé Farid Esack. Une des conséquences de la lutte armée a été une déshumanisation de la société et une dépréciation de la vie humaine. Dans l'Afrique du Sud post-apartheid, une personne peut être tuée pour un paquet de cigarettes.

D'un autre côté, l'Afrique du Sud est un pays passionnant- le seul pays qui a détruit volontairement son propre arsenal nucléaire, le seul pays où les militants pour la paix ont des réunions et des rencontres avec le Ministre de la Défense, le seul pays où le gouvernement soutient la transformation des rapports entre les sexes. Il y a un problème sérieux avec la production et la vente des armes -les joujoux des soldats qui constituent nos Forces de Défense- mais il y a des efforts vers la conversion, pour utiliser d'autres méthodes, et l'industrie de l'armement doit faire face à de sérieuses réductions budgétaires chaque année. Ces aspects de la nouvelle Afrique du Sud aident à promouvoir un plus large combat pour les Droits humains

La Commission sur l'Egalité des Sexes que Farid dirige est partie intégrante de ce large projet d'humanisation. Bien que généralement en partenariat avec le gouvernement, la Commission a le pouvoir d'investigation, de citation de témoin, de recherche et de saisie de documents- y compris ceux des bureaux du gouvernement et des officiers.

Tchad
Koude commença par parler des 30 ans de guerre civile que le Tchad a connu. "Encore aujourd'hui, nous vivons dans une culture de violence" constatait-il. En dépit du fait que la non-violence est très difficile à mettre en place dans la société tchadienne, la société civile tchadienne - incluant Tchad Non-Violence (TNV) et de nombreux autres groupes- propose d'interdire le port d'armes. "Il y a tellement de fusils, de couteaux et d'armes traditionnelles, qu'il est facile pour tout conflit de dégénérer violemment."

Depuis 1990, le Tchad est officiellement en processus de démocratisation, mais nombre d'organisations civiques n'y croient pas et pensent qu'il ne s'agit d'autre chose que de discours venus d'en haut. Début 1993, après une conférence nationale de la société civile, des demandes de formation concernant l'éducation à la paix et les Droits de l'Homme ont été formulées. Depuis, le gouvernement n'a toujours pas répondu bien que TNV et d'autres groupes aient commencé de travailler sur des bases volontaires.

A la séance plénière de clôture de la Triennale, Koude a mis la lumière sur l'importance d'un lien IRG-Afrique. "Cette conférence a donné un cadre à nos échanges." A-t-il noté. "Au Tchad, il y a deux manières pour devenir célèbre- être chef de guerre ou s'engager dans l'anti-politique des discours vides. Le temps est venu de mettre un point final à tout cela. Nous devons planter une petite graine, mais celle-ci grandira. Nous devons continuer de travailler ensemble, et ainsi nous moissonnerons les bénéfices de ces graines."

Travail supplémentaire de IRG/Afrique
Michel Monod nous a présenté son travail le plus récent (Janvier 97) avec des groupes du Congo-Brazzaville. C'était une période tendue du fait des élections et de la prolifération des armes dans le pays. Michel dirigeait un petit atelier de non-violence et nous a fait part d'un message du président de l'Association Non-Violente du Congo.

Bindi, quant à elle, mentionna qu'elle venait juste de travailler au Niger où elle conduisait deux jours de stage sur la résolution des conflits avec CARE.

Futurs travaux
Des membres du groupe font une mise à plat dans deux secteurs majeurs: ouvrages publiés/éducation et conférences/action de soutien. Concernant les publications et le travail d'éducation, il a été convenu que, lorsque cela serait possible, les membres publieraient des articles dans des publications nationales et régionales faites pour les communautés d'Africains expatriés.

(Compte-rendu de Matt Meyer, plus d'informations sur le site de l'IRG)

Atelier sur l'Algérie

Un atelier spécial a été mis en place par Maurice Montet (UPF, France) couvrant le sujet des dures conditions des déserteurs et conscrits en Algérie. Des campagnes en faveur du droit d'asile se développent dans plusieurs pays, avec parfois l'engagement de membres de l'IRG.

Les points suivants ont été décidés:

Education et entraînement à la non-violence

(autour de Patricio Vejar, Chili)

Patricio nous a dirigé dans un exercice utilisé dans son pays, pendant la dictature, pour aider les gens à agir malgré leurs peurs. Il nous a demandé de penser à un moment où nous étions vraiment effrayé. En silence, nous devions traduire notre peur par la position et l'expression de notre corps. Puis, il nous a réuni par paire. Il nous fut ensuite demandé de rejouer la peur de l'autre tout en sentant encore notre propre frayeur. Le guide du jeu de rôle nous rassembla ensuite par groupe de 4 et finalement nous furent en contact avec tout le groupe. La plupart des gens trouvèrent difficile de "garder" leur peur en étant confronter à celles des autres, surtout quand on sentait au sein du groupe la solidarité des uns envers les autres.

Après l'exercice nous avons eu l'occasion de mettre tout cela en pratique, quand soudainement un participant rejoignit le groupe et expliqua que des membres de son organisation avaient reçu des menaces de mort après la publication d'un article erroné les concernant dans un journal local de la région de Krajina, alors qu'ils travaillaient au soutien de réfugiés ( Bosnio-Croates et Serbo-Croates). Notre groupe l'a écouté attentivement, en partageant idées, expériences et moyens d'action, à la fin nous avons fait un cercle d'amitié et de soutien autour de lui.

(Rapporté par Vivien Sharples. Plus d'information sur le site de l'IRG.)

Sexes et langage du corps

(conduit par Imke Kreusel, Allemagne)

Nous avons tout d'abord formé des petits groupes de 3 ou 4 personnes, puis en l'espace de trois minutes nous devions créer 3 situations qui caricaturaient l'attitude homme/femme. Ensuite, nous avons présenté ces situations dans un tableau (sans geste ni parole) à l'ensemble du groupe dont les membres devaient deviner quels personnages étaient supposés être féminins ou plutôt masculins et ce que pouvaient ressentir ces personnages. Cette technique apporta rapidement à l'assistance beaucoup d'occasion de rire et de discuter en faisant un intéressant outil pouvant être utilisé pour d'autres buts. La responsable de l'atelier nous montra des photos prises à une gare, les personnes photographiées étaient des inconnus mais leurs attitudes illustraient les différences entre les sexes dans l'attitude corporelle.

Nous avons convenu que notre langage corporel a une influence sur nos sentiments et de là sur notre comportement et vice versa. Ainsi un des moyens pour nous changer est de modifier consciemment notre langage corporel, ce qui nous permettra de ressentir les choses différemment. Par exemple, si vous voulez vous exprimer fortement dans une grande réunion, il est plus difficile d'y parvenir si votre corps est recroquevillé. Si au contraire vous adoptez une tenue ample et ouverte, vous ferez plus de place à la confiance et votre voix sera plus forte. Imke nous a dit que des études européennes avaient montré que le langage du corps avait davantage tendance à correspondre aux stéréotypes des sexes entre l'âge de 15 et 25 ans, période où les personnes essaient de montrer qu'ils sont de "vrai(e)s" hommes ou femmes.

(Rapporté par Vivien Sharples. Plus d'information sur le site de l'IRG.)

Le cercle organisé : une méthode pour le travail en groupes

(Mis au point par Andreas Speck et Silke Kreusel, Allemagne)

"Le cercle organisé" est une méthode d'organisation des discussions développée par les activistes allemands afin d'aider les militants à structurer et planifier leur travail . Ainsi cet aspect souvent négligé est ici pris en totale considération.

Les différentes étapes d'un travail sont nommées: le commencement, l'analyse, le but, la stratégie, le développement des activités, la réalisation des activités et l'évaluation. Ces étapes sont listées et inscrites au sommet d'une grille tandis que les autres composantes prennent place en bas sur un autre axe: membres de groupe, valeurs et principes de groupe, ressources, structure et processus, problème et solution, communication et environnement. Le groupe rentre ainsi complètement dans la grille. Par exemple, si un groupe décide d'éclaircir ses débuts, la question des "ressources" est importante: "Quelle ressources avons nous?" ( temps, argent, espace, matériel, contact, technologie, volontaires...). Dans l'étape "le but", les buts personnels des membres du groupe doivent être ainsi mis à jour et pendant le développement de la stratégie, un groupe doit définir le groupe cible qu'il veut atteindre avec son projet.

Nous avons mis à l'épreuve des éléments de cette méthode lors de la Triennale en ce qui concerne les refus de visas ainsi que pour les personnes bloquées à la frontière. J'ai trouvé que cela était un outil efficace même si cela peut être ardu et long de remplir la grille entièrement. Cependant, nombre de groupes avec lesquels j'ai travaillé ne mettaient pas en place cette sorte de consciencieuse planification et une telle organisation de la stratégie, ou bien ne la pratiquait pas assez du fait de sa difficile mise en place. J'ai donc apprécié de découvrir cette méthode.

(Vivien Sharples. Version augmentée sur le site de l'IRG. Plus d'information quant à la méthode " Organising Circle" chez patchwork@oln.apc.org)

Effets psychosociaux du service militaire obligatoire

(Avec l'aide de Rosella Baronti, psychologue chilienne)

Dix personnes ont assisté à cet atelier, qui abordait la question des effets du service militaire obligatoire à la fois sur l'individu et sur la société dans laquelle ils vivent.

Une des questions principales résidait dans le rôle qu'a l'instruction militaire soit dans la réaffirmation soit la construction de formes d'endoctrinement social déjà entreprises par d'autres institutions. L'entraînement militaire impose des conditions sur l'articulation et l'organisation du "système psychologique" de l'individu. Cela fait de l'individu un objet, conditionné en vue de l'apprentissage mécanique, de l'acceptation sans discussion et met l'accent sur la norme plutôt que sur les réponses multiples. Ceci est à ajouter à un mélange qui inclut la discipline, le déni de l'individu, la ritualisation ainsi que d'autres actes destinés à encourager la soumission au pouvoir.

A partir des discussions qui ont suivi; il était évident que la conscience du rôle des militaires est fonction de l'expérience de chaque individu, en particulier des relations entre les civils et "leurs" militaires. Certaines personnes de pays de l'ex-Yougoslavie avaient une perspective différente -non pas exprimée ouvertement mais évidente par ailleurs- qui minimisait les caractéristiques et les conséquences de l'entraînement militaire. Ceci est probablement à cause de l'expérience récente de la guerre: leurs armées sont souvent conçues comme un allié qui les défend d'agressions extérieures.

Les thèmes comme des armées de la paix, des actions pour l'intégration continentale, la consolidation des relations militaires/civils, etc. ont récemment été introduits dans le débat public de nombreux pays. Ceci nous empêche souvent de recadrer le débat autour des questions plus fondamentales comme "pourquoi est-ce que les armées existent en premier lieu"?

(Version espagnole Rosella Baronti, traduction de l'espagnol Roberta Bacic)

Déclarations

Position face à la guerre au Kosovo

L'Internationale des Résistants à la Guerre (IRG), réseau pacifiste international avec des membres affiliés dans plus de 30 pays, a statué sur la guerre et la crise humanitaire au Kosovo. Dans le cadre de sa Conférence Triennale qui s'est déroulée du 20 au 26 septembre 1998 à Porec, Croatie, nous dressons le constat suivant.
  1. La Conférence critique la gestion de la situation par les structures intergouvernementales comme par les différents Etats, en particulier:
    1. leur échec à ouvrir la voie aux négociations pendant la période prolongée où les Albanais du Kosovo poursuivaient une politique rigoureuse d'actions non-violentes.
    2. leur attitude par rapport à Milosevic considéré comme le garant de la paix dans la région alors qu'il est responsable de la plupart des actions criminelles attentées au nom du peuple Serbe.
    3. leur insistance à considérer que la sortie de la crise ne peut se concevoir que dans le cadre de la République Fédérale de Yougoslavie.
    4. la non prise en compte des Etats qui refoulent les réfugiés de la RFY et de l'insensibilité de ceux qui renvoient ainsi les Kosovars dans la guerre et remettent les évadés (déserteurs ou insoumis) entre les mains de l'armée yougoslave.
    5. le jeu de bluff mené par le Groupe de Contact à un moment où la clarté et la transparence quant aux actions projetées étaient primordiales- ceci a fermé la voie à l'exploration d'options pacifistes.
  2. La Conférence note les conséquences catastrophiques de la stratégie violente de l'Armée de Libération du Kosovo face à un régime sans pitié.
  3. Aujourd'hui, l'urgente nécessité est d'arrêter l'hécatombe, d'assurer un retour volontaire et garanti des déplacés, de créer les conditions de la reconstruction, d'imprimer un mouvement vers une solution politique à long terme et la démilitarisation de la région.
  4. Une solution à long terme nécessite la reconnaissance des Droits humains et des droits politiques de tout le peuple du Kosovo. Le Gouvernement Serbe a revendiqué le droit de maintenir sa souveraineté sur le territoire du Kosovo en arguant de l'intégralité de son territoire. Mais en vertu des usages internationaux, un état qui fait la guerre contre une partie de sa population devrait être déchu des droits qui constituent sa légitimité et donc du droit de gouverner ces gens et le territoire qu'ils occupent. Aussi un groupe ethnique a-t-il le droit de faire sécession d'un état qui ne cesse de le persécuter.
  5. En vertu de quoi nous appelons les Nations Unies, l'Union Européenne et les états en présence à appliquer une sanction politique qu'ils n'ont que trop longtemps repoussée, et que nous pensons plus utile et plus efficace que des sanctions économiques: tant que le Gouvernement Yougoslave ne mettra pas immédiatement fin à ses attaques contre les villes et villages du Kosovo et qu'il ne permettra pas de manière complète la supervision internationale de la situation au Kosovo, et tant que ne seront pas entrepris des pourparlers avec des représentants des Albano-Kosovars ; les Nations Unies, l'Union Européenne et les états individuels devront rapidement
    1. ne pas reconnaître la demande serbe à l'intégrité territoriale concernant le Kosovo.
    2. prendre en charge un processus déterminant les souhaits de toutes les composantes du Kosovo concernant le futur du territoire.
  6. La Conférence propose en outre une série d'actions non-violentes pour répondre à la situation présente,
  7. Dans l'immédiat,
    1. Nous appelons les groupes de paix et les membres affiliés à l'Internationale des Résistants à la Guerre (IRG) en Europe à bloquer les ambassades et consulats de la RFY dès le 21 octobre 1998 sous le mot d'ordre "Arrêtons la Guerre au Kosovo"
    2. Nous suggérons que les événements sportifs impliquant des équipes yougoslaves soient la cible de ces protestations.
    3. Nous demandons expressément à toutes les ONG travaillant sur le Kosovo de mieux partager les informations.
    4. Nous appelons à soutenir avec force les initiatives anti-guerre menées par les groupes pacifistes et antimilitaristes en Serbie ainsi qu'à aider les voix de la non-violence au Kosovo, en incluant ceux qui parmi les Serbes et les autres minorités s'opposent aux politiques de Belgrade et désirent vivre en paix avec les Albano-Kosovars.
    5. Nous appelons tous les états à reconnaître le droit d'asile aux réfugiés du Kosovo ainsi qu'aux résistants à la guerre de la RFY.
  8. Pour le long terme,
    1. Nous demandons aux groupes pacifistes et aux membres affiliés d'accroître leur soutien au travail du Balkan Peace Team (BPT) qui oeuvre au dialogue inter-ethnique et aide les initiatives de la société civile- plus particulièrement dans le recrutement de volontaires compétents, la diffusion des informations et le renforcement du soutien financier du BPT.
    2. Nous demandons aux membres affiliés d'étudier d'autres formes de soutien, d'autres actions non-violentes pour venir en aide aux groupes locaux en se basant sur les demandes des gens vivant sur place et en tentant de les organiser en lien avec eux.
(Porec, le 26 septembre 1998.)

Déclaration aux Croates et au public international

La 22ème Conférence Triennale du réseau pacifiste international l'Internationale des Résistants à la Guerre (IRG) a pris place cette semaine à Porec, Croatie. Quelques 300 représentants de tous les continents du monde y ont participé.

Les nouvelles stratégies pour consolider la justice et pour renforcer la paix dans cette période d'après-guerre ont été discutées lors de cette Conférence. Nombre de participants venaient de pays où les guerres perdurent. Nous avons abordé les questions des stratégies de solidarité face aux guerres, à la conscription, au commerce des armes, à la discrimination et à la violence -surtout celles contre les femmes-; nous avons choisi de résister par le biais de l'objection de conscience, la désobéissance civile et l'objection fiscale. Ces débats constituent une importante contribution aux tentatives de réconciliation parmi et entre les pays post-yougoslaves.

Nous déplorons avec force l'absence des militants pacifistes de renommée internationale de Serbie, du Kosovo, du Monténégro et de Vojvodine. Les autorités de la République de Croatie ont refusé de délivrer des visas à ces militants, contrairement aux promesses faites précédemment et, en dépit du fait que leurs modalités d'obtention avaient été respectées. Les participants présents s'accordent à dire qu'il ne peut s'agir d'un simple accident mais que cela constitue plutôt un autre exemple de la politique actuelle du Gouvernement Croate qui refuse de soutenir les processus démocratiques au sein de l'ex-Yougoslavie autrement que par des discours creux. Un pays qui ne permet pas la liberté d'association n'est pas un pays libre.

Il est symptomatique que cet acte du Gouvernement Croate coïncide avec l'interdiction par le Gouvernement Serbe des manifestations pacifistes contre la guerre et la répression au Kosovo, prévues et annoncées pour le 19 septembre dans de nombreuses villes de Serbie et Vojvodine.

Cela peut-il vraiment être une coïncidence? Honnêtement, la démocratisation, la réconciliation et la construction de la paix dans la région sont perçues par les régimes autoritaires et nationalistes en place comme autant de menaces.

Le Gouvernement Croate a aussi refusé les visas de deux militants africains invités à la Conférence sous prétexte qu'ils ne seraient pas capable de prêter attention à celle-ci. Nous avons perçu cela comme une honteuse discrimination.

Une de nos collègues, militante de la paix au Kosovo, n'a pu nous rejoindre car elle a été blessée par l'explosion d'une mine juste quelques jours avant la Conférence. Bien que prise dans des échanges de coups de feu, elle a quand même réussi à se rendre à l'hôpital où elle est actuellement soignée.

Le courage et la persévérance des militants pour la paix qui coopèrent avec l'Internationale des Résistants à la Guerre (IRG) prouve que chaque personne peut résister à la guerre et à la répression- et qu'il s'agit toujours d'un acte qui grandit son auteur. Nous ne permettrons pas que les régimes actuels nuisent à nos efforts pour aider à la réconciliation et construire une paix durable dans la région de l'ancienne Yougoslavie.

Une fois encore, nous demandons aux peuples du monde de choisir ensemble la paix!

(Texte signé par les participants de la Conférence, vendredi 25 septembre 1998.)

Réunion des Affaires

Membres élus et responsabilités confirmées ou choisies lors de la Conférence Triennale de 1998

Nouvelles affiliations

Deux nouvelles affiliations ont été enregistrées par la réunion du Conseil précédent la Triennale.

Institut für Friedensarbeit und Gewaltfreie Konfiktaustragung Haupt Str. 35, D-55491 Wahlenau/Hunsrueck, Allemagne. Tel. (49) 6543 980296; fax. 571 23019; email institut_fgk@bionic.zerberus.de (accepté en tant que section)

Archiv Aktiv für gewaltfreie Bewegungen Sternschanze 01, D-20357 Hamburg, Allemagne. Tel. (49) 40 430 2046; email k.hocke@umwelt.ecolink.org (accepté en tant qu'organisation associée)

Projets et propositions

Les propositions et projets suivants ont été acceptés par le Réunion des Affaires.

Les détails de ces projets se trouvent dans les minutes de la Conférence. De plus amples informations sont présentées sur le site internet de l'IRG ou au bureau londonien.

Le Fusil Brisé

Ceci est un numéro spécial du Fusil Brisé, publication trimestrielle de l'IRG en versions anglaise, allemande, française et espagnole. Copies sont envoyées aux membres affiliés de l'IRG, aux membres du Conseil de l'IRG ainsi qu'aux abonnés (£5/an).

Edition et mise en page: Ken Simons (Toronto)

Traduction: M. et G. Cressman (Le RIRe/France)